jeudi 23 avril 2015

La surface de réparation, d'Alain Gillot (avril 2015)



L'avis d'Ondine :

Vincent Barteau est entraîneur de football d'une équipe de jeunes âgés de 10 à 14 ans à Sedan. En plus de son salaire, il bénéficie de la jouissance du pavillon dans lequel il habite. Il est content de travailler dans le milieu du football même si entraîner des enfants n'est pas la panacée.

Il a été footballeur et avait enfin à 29 ans l'opportunité d'intégrer l'équipe de Martigues. Mais sa carrière footballistique a explosé comme son genou à la suite d'un grave choc avec un adversaire. Il ne pourra plus jamais rejouer au football. Aussi il continue de vivre sa passion en entraînant des jeunes aux motivations fluctuantes.

Mais voilà que sa sœur Madeleine débarque sans prévenir avec son fils Léonard, 13 ans. Madeleine lui confie son fils qu'il connaît peu pour une dizaine de jours, le temps de suivre une formation professionnelle. Elle n'a aucune autre solution de garde car leur mère est hospitalisée à Saint-Quentin pour un cancer.

Vincent est mis devant le fait accompli et doit partager son quotidien avec Léonard. C'est un garçon silencieux, renfermé, distant, qui passe son temps à jouer aux échecs et qui évite tout contact. Vincent décide de l'emmener aux entraînements et finalement lui confie le poste de gardien de but.

Les gamins de l'équipe ont du mal à accepter le jeune garçon si étrange et une bagarre finit par éclater. Vincent fait soigner Léonard à l'hôpital et le médecin interpellé par l'attitude distante de Léonard lui fait consulter une collègue pédopsychiatre. Le diagnostic tombe. Léonard est atteint du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme léger.

Comment Vincent va-t-il arriver à gérer son quotidien avec cet enfant différent auquel il finit par s'attacher et qui lui ouvre d'autres perspectives de vie ? Lui qui est solitaire et en rupture de toute relation familiale...

Petit à petit, ils vont apprendre à s'apprivoiser et grâce aux sollicitations de Vincent, Léonard va non seulement reprendre sa place de goal mais se familiariser avec son nouvel environnement. Malheureusement, Madeleine va détruire ce fragile équilibre. Elle emmène son fils avec elle à Reims dans sa nouvelle vie instable et précaire et abandonne à Vincent la charge de sa mère malade d'un cancer en phase terminale.

Déstabilisé et confronté à des contraintes familiales inattendues, arrivera-t-il à faire face à ces événements familiaux et comment pourra-t-il venir en aide à Léonard afin qu'il puisse retrouver une vie équilibrante et sécurisante ?


La surface de réparation est un très joli roman sur la différencecelle de l'autre, l'appréhension et l'approche de celle-ci. Avec pragmatisme et beaucoup de simplicité, l'auteur Alain Gillot nous parle de la différence et comment apprivoiser l'autre dans sa différence. Un livre très touchant et tellement positif.


La surface de réparation est à la base surtout utilisé dans le football mais si justement choisi comme titre pour cette histoireDans ce roman qui a en filigrane le football, la surface de réparation se transpose dans la vie des protagonistes car finalement que ce soient Vincent, Madeleine, leur mère, le petit Léonard, ils ont tous quelque chose à réparer dans leur vie afin de trouver leur place parmi les autres.

Ce livre est vraiment un très beau roman, sensible, intelligent qui aborde le sujet de la différence de l'autre avec simplicité et efficacité. Le livre une fois refermé, le lecteur ne peut qu'avoir appris à voir la différence de l'autre autrement mais n'est-ce pas là aussi la rencontre à l'autre.

J'ai aimé cette histoire. Il faut faire lire découvrir ce roman à ceux qui appréhendent l'handicap, l'inconnu ou la différence de l'autre. Souvent il faut juste accepter la rencontre pour changer sa vision des choses. A découvrir, vraiment.


Merci à Babelio pour ce partenariat.

[Editions Flammarion / 222 pages / 18 euros]

2 commentaires:

  1. J'ai entendu parler de ce livre comme d'une référence en matière de roman sur les Aspies, mais il me tente moins à lire que d'autres (le foot, peut-être ? ;) )

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  2. Je ne suis pas très foot en littérature non plus. Mais en lisant ce roman on se rend compte que le domaine du football n'est pas réellement le thème principal.
    Il ne faut pas passer à côté de bonne lecture à cause d'appréhension. Il faut tenter même si en cours de route on abandonne car cela ne correspond vraiment pas.
    Pour ce qui me concerne je n'ai pas seulement passé un très bon moment de lecture mais j'ai découvert "les aspies". Cela rend moins bête de temps en temps.
    bonne lecture à toi au cas où...
    Ondine

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