vendredi 12 juin 2015

La chute d'Albert Camus (janvier 1972)

http://www.labibliodegaby.fr/2015/05/la-chute-dalbert-camus-janvier-1972.html


L'avis de Gaby


Je n'ai pas lu énormément de textes de Camus : La peste et L'étranger. Néanmoins, j'apprécie ses romans car il sait plonger le lecteur dans les profondeurs des réflexions humaines. Il écrit sur les hommes et à propos des hommes et cette curiosité tournée vers l'individu me plaît. 

Le récit, dernier de la carrière de l'auteur, débute par une interpellation du narrateur. Jean-Baptiste Clamence interpelle un passant, dans un bar d'Amsterdam, le Mexico-city. Un peu pompeux, dans son discours il semble avoir un avis sur tout. Se gardant de juger, d'après ses dires, il émet des avis assez définitifs sur les Hollandais, le tenancier du bar et autres quidams. Après avoir formulé quelques sentiments, il se présente comme un juge-pénitent.

Son discours est sombre, à l'image de l'anecdote du libraire ayant inscrit sur le seuil de sa maison " D'où que vous veniez, entrez et soyez les bienvenus" et assassiné par des miliciens. Jean-Baptiste Clamence parle en connaissance de cause, semble-t-il, et veut montrer son regard perçant.

Auparavant avocat à Paris, Jean-Baptiste Clémence baignait dans une eau tranquille. Il faisait le "bien" et la charité. On l'aimait, tout lui réussissait. Toujours à sauver les malheureux, à être courtois, un environnement confortable. Il se sentait au-dessus, à l'abri des tourments des humains. Un juge qui peut juger puisque lui-même n'étant pas atteint des maux des hommes.

Un soir, il est témoin du suicide d'une femme et ne lui vient pas en aide ni ne prévient personne. Il rentre simplement chez lui. Cette disparition va le bouleverser et lui faire comprendre que sa place n'est pas aussi assurée qu'il en est persuadé, et que les apparences peuvent être trompeuses. Toute sa vie va défiler sous un autre jour, transformant le benêt heureux de sa propre satisfaction en une âme désillusionnée et sombre. Son âme réexaminera sa conscience, lui faisant apparaître des non-dits qu'il ignorait depuis longtemps. Et si rien dans son quotidien n'avait changé, lui était transformé.

Le texte est grave, sombre. Nous sommes aux prises des tribulations de cet homme qui se flagelle en public en se confiant aux passants, pour faire pénitence, comme s'il ne pouvait porter seul son fardeau. Impossible de dire s'il trouvera la paix un jour.

La chute est un récit maîtrisé, avec des réflexions profondes et intéressantes, formulées sur un ton noir. On reconnaît l'empreinte de Camus. L'humain est au coeur du sujet, pour notre plus grand bonheur. Après cette lecture, vous allez certainement bouillonner de questions existentielles....

[152 pages / Gallimard / 5,80€]

4 commentaires:

  1. J'avais beaucoup aimé ce roman, mais pas autant que La peste ! Je ne l'ai pas chroniqué malheureusement, ça aurait été intéressant de garder une trace de toutes ces questions ment existentielles nécessairement soulevées après cette lecture.

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    1. Ah La peste ! Je souhaite le relire tellement il m'a plu ! Rien ne t'empêche de te replonger dans ce roman, peut-être te touchera-t-il autant !

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  2. Je ne suis pas une grande adepte de cet auteur mais ta chronique donne envie que je lise celui-ci ^^

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