jeudi 25 juin 2015

La collectionneuse de boules à neige de Maurizio de Giovanni (mars 2015)



L'avis d'Ondine

Le commissariat de Pizzofalcone un quartier de Naples, a très mauvaise réputation. Quatre enquêteurs de ce commissariat étaient des ripoux. Plutôt que de le laisser fermer sur décision préfectorale, le Commissaire Palma a décidé d'en prendre la direction. Il recrute auprès des autres commissariats napolitains les policiers qui sont en disgrâce ou mis au placard. C'est ainsi que Giuseppe Lojacono inspecteur de police rejoint cette nouvelle équipe très disparate et au profil assez particulier. Mais Giuseppe Lojacono sait qu'il peut enfin faire son travail d'enquêteur en toute liberté dans ce commissariat en sursis.

Très vite ils sont appelés sur les lieux d'un crime. L'épouse d'un notaire est retrouvée morte, assassinée dans son appartement. Elle a été violemment frappée avec une boule à neige. Elle faisait la collection des boules à neige. C'est sa femme de ménage qui l'a trouvée.

L'enquête sera confiée à Giuseppe Lojacono qui est secondé par Marco Aragona, un gardien de la paix stagiaire, un peu "borderline" et se la jouant flic de série américaine. L'enquête semble complexe. On a bien volé quelques objets mais ceux-ci ont été retrouvés dans une poubelle pas loin du lieu de crime.

Qui a bien pu vouloir assassiner Cécilia De Santis, une femme honorablement connue, discrète, faisant partie de la bourgeoisie napolitaine ? Serait-ce la femme de ménage qui vient des pays de l'Est, son mari notaire, volage, menteur et collectionneur de maîtresses, un rôdeur ?

L'enquête de Lojacono aidé par Aragona ne va pas être simple et va les amener à fouiller dans la vie des protagonistes et déterrer les secrets. Ils vont enquêter auprès des employés du notaire, mener des investigations sur la femme de ménage, dans le milieu bourgeois napolitain que fréquentait la victime, défaire les alibis du mari. Mais la vérité de cette intrigue est assez inattendue et révèle juste à quel point les gens peuvent se laisser piéger par des illusions et des chimères au point qu'un refus ou une frustration peut entraîner l'individu dans une situation irrémédiable au point de commettre l'irréparable.

La collectionneuse de boules à neige est un roman policier que l'on peut penser classique. Mais en réalité, il y a un vrai modernisme dans cette histoire.

L'auteur aborde au-delà de l'intrique la réalité de vie de chacun des protagonistes que ce soit les policiers, leurs proches et tous ceux qui sont approchés par les différents enquêtes de ce livre. Il y a toujours une réalité humaine dans les romans de Maurizio de Giovanni.

Personne n'est réellement mauvais ni vraiment parfait. Juste des êtres humains avec leurs carences, leurs authenticités et leurs vérités propres.

En fin de compte l'enjeu de ce roman est de savoir si ce commissariat pourra survivre avec cette équipe de bras cassés. 

Arriveront-ils à trouver un équilibre professionnel et pourront-ils s'investir dans un travail d'enquêteur qui nécessite des qualités, une ténacité et un vrai travail d'équipe. Ce n'est pas gagné au vu du profil et des antécédents de chacun.

J'ai pris un réel plaisir à lire ce polar. Il y a des moments où les situations font sourire, d'autres qui sont plus dramatiques. Mais dans l'ensemble il y a une réelle photographie de la société napolitaine. De plus les personnages sont attachants et si réalistes. 

Une écriture fluide qui est commune aux auteurs de polars italiens et qui en sus des crimes et des enquêtes révèle une approche humaine et sociologique de la société italienne.

A lire car cela est un vrai bon roman policier avec un personnage principal Giuseppe Lojacono, un flic exilé injustement, isolé, père d'une fille unique, adolescent et qui vit loin de lui. Des personnages attachants, une idée originale de rassembler des policiers mis à l'écart car considérés comme de mauvais professionnels et qui doivent réhabiliter un commissariat voué à la fermeture pour mauvaise réputation.

J'ai toujours un réel plaisir à lire les polars de Maurizio de Giovanni. Il y a en plus de la réelle fluidité dans sa façon de raconter un regard lucide et même affectueux pour ses personnages.

[320 pages / Fleuve noir / 19,90 €]

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