dimanche 30 août 2015

Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor (novembre 2011)



L'avis d'Ondine


C’est un roman au style épistolaire. Deux amis, tous deux allemands vivent en Californie. L’un, Max Eisenstein, est juif et l’autre, Martin Schulse, ne l’est pas. Mais en réalité cela n’a aucune importance ni incidence sur leur amitié. Ils ont ouvert une galerie d’art en Californie qui marche bien et qui leur permet de vivre confortablement. En 1932, Martin décide de rentrer avec Elsa son épouse et leurs trois garçons en Allemagne. Ils s’installent dans une immense demeure à Munich et découvrent une Allemagne qui vit dans la misère.

Au fur et à mesure de leur échange épistolaire, Max assiste à l’adhésion de son ami Martin à l’idéologie propagée par Hitler qui est devenu chef du gouvernement. Bien sûr, Martin se pose des questions quant aux exactions commises par les chemises brunes envers les juifs mais il finit par y trouver des justifications à cela.

Max commence également à se poser des questions quant à ce nouveau régime car les rumeurs qui commencent à se propager racontent surtout des actes horribles commis envers la communauté juive. Il demande à son ami Martin de s’occuper de sa sœur Griselle qui joue une pièce de théâtre à Vienne et de la protéger car il craint pour sa sécurité.

Mais Max découvre par les quelques courriers envoyés par son ami que Martin s’est laissé emprisonné par l’idiologie de Hitler et que finalement il préfère solder son amitié au profit d’un régime qui lui procure confort et pouvoir et qui lui a déjà infecté son esprit.

Comment Martin malgré sa culture, son éducation, son séjour passé aux Etats-Unis se laissera-t-il embrigader au point de renier non seulement son amitié avec Max mais de réagir comme un lâche pour préserver ses acquis et sa notabilité ?

Ce roman au style épistolaire de 70 pages se lit sans difficulté. D’ailleurs une fois que l’on a commencé à le lire on ne le lâche pas jusqu’à la fin. Et là, à la fin, on reste sans voix. Une histoire avec deux protagonistes, implacable, de trahison et de vengeance, qui aborde avec une telle justesse la complexité de l’être humain, de ce qu’il est capable de faire ou pas et qui souligne jusqu’où il peut se parjurer lui-même dans ce qu’il a été. De plus le fait d’être instruit, cultivé ne protège en rien et ne privilégie pas non plus une réflexion sensée pour ne pas commettre l’irréparable.

Le contexte de ce roman se passe dans les années 1932-1934 lors de la montée du nazisme. Mais on pourrait extraire les deux personnages de cette époque et les transposer dans n’importe quelle époque car les mêmes questions sur l’être humain se poseraient de façon identique.

Un roman fort, unique en son genre, qui devrait être étudié dans toute classe de première afin que les jeunes aient une réflexion sur les mots telle que l’amitié, la trahison, la vengeance, le courage, la lâcheté et autres valeurs humaines.

Au moment où j’écris cette avis je suis toujours sans voix. Juste un dernier mot lisez ce livre, offrez-le car il ne peut laisser personne indifférent.

[70 pages / Editions Autrement / 8,50 €]

samedi 29 août 2015

Dark horse de Craig Johnson (mai 2015)




L'avis d'Ondine


Le shérif Walt Longmire réceptionne dans sa geôle Mary Barsad accusée d’avoir abattu son mari Wade Barsad. La jeune femme a avoué son crime et les preuves l’accablent. De plus Wade Barsad a été un mari infidèle, escroc, vivant au-dessus de ses moyens, soupçonné d’avoir travaillé pour la Mafia et aurait peut-être même bénéficier de la protection des témoins.

Mais qui était réellement Wade Barsad ? Un homme abject, qui rachetait des terres en lésant les propriétaires, haï par beaucoup, qui n’a pas hésité à enfermer les chevaux de course qui appartenaient à sa femme dans la grange et d’y mettre le feu.

Mary Barsad semble avoir eu toutes les raisons de la terre de tuer son mari mais elle n’est pas la seule même si elle maintient ses aveux. 

Le shérif Walt Longemire ne croit pas à sa culpabilité. Il décide de mener son enquête dans le Wyoming, le comté voisin où a eu lieu le meurtre. Il s’infiltre en prenant comme couverture un rôle
d’inspecteur d’assurance qui enquête sur les circonstances de l’incendie et du meurtre avant de procéder au paiement de la prime d’assurance.

Mais cette enquête sous couverture ne va pas se révéler très aisée. Les habitants de la petite ville d’Absalom dans le comté voisin ne sont guère accueillants et voient d’un mauvais œil cet enquêteur
d’assurance qui fouille dans leur vie. De plus le shérif Walt Longemire n’est pas réellement en terrain inconnu car il a grandi dans une des fermes du comté du Wyoming.

Arrivera-t-il à mener son enquête à terme ? Mary Barsad est-elle vraiment innocente comme il en est convaincu ? Qui était réellement Wade Barsad, qui l’a effectivement tué et pourquoi ? Il faudra lire ce roman policier pour le savoir.

Avec Dark Horse, Craig Johnson nous emmène dans les contrées quelque peu perdues, éloignées des grandes métropoles mais où les grands espaces américains sont terriblement présents.

Le héros de l’histoire n’est pas totalement inconnu en tous les cas pour moi car même si je n’ai lu aucun livre de Craig Johnson jusqu’à présent, j’ai déjà rencontré le shérif Walt Longemire dans une série télévisée qui porte son nom et qu‘il m‘arrive de regarder.

Dark Horse n’est pas seulement une enquête pour prouver l’innocence d’une femme qui s’accuse du meurtre de son mari. C’est un polar qui nous plonge dans un univers américain avec une approche d’ une réalité américaine qui raconte les difficultés des fermiers pour survivre. Un réel dépaysement, un personnage, le shérif Walt Longemire authentique à la mode cow-boy, une enquête difficile car peu d’indices pour prouver l’innocence de Mary Barsad mais pourtant des zones d’ombre qui pourraient donner raison à la ténacité et la perspicacité du shérif Walt Longemire. 

J’ai aimé ce livre car il m’a emmené dans un autre univers, m’a proposé une enquête à rebondissements dans un contexte américain qui ne m’est pas habituellement, des personnages attachants, simples, vrais.

Une chute de l’histoire totalement inattendue.

Un bon roman policier. A lire car au-delà d’une intrigue très bien ficelée, on plonge dans une Amérique qui ne nous est pas familière dans une ambiance qui rappelle le Far West en plus actuelle.

(sélectionné pour le prix du meilleur polar des lecteurs de points 2015)

[384 pages / Points / 7,95 €]

vendredi 28 août 2015

Plus haut que la mer de Francesca Melandri (février 2015)




L'avis d'Ondine

L’histoire racontée se passe en 1979 en Italie. Paolo se rend sur l’île où se trouve la prison de haute sécurité avec le bateau qui sert de navette. Il rend visite à son fils qui est incarcéré pour de nombreuses années car il a tué trois hommes pour des raisons politiques et a commis des hold-ups au nom de la révolution. A tellement faire la révolution même en détention, il a été transféré dans cette prison de haute sécurité. Son père professeur en histoire et philosophie a arrêté de travailler à la suite de l’arrestation de son fils mais surtout parce que les crimes de son fils lui sont insupportables. Sa femme est morte de chagrin.

Sur le bateau navette, il rencontre Luisa qui va rendre visite à son mari. Il a été incarcéré pour avoir tué un homme dans un café puis transféré dans cette prison de haute sécurité pour avoir tué un gardien de prison dans une autre prison. Elle est agricultrice et élève toute seule ses cinq enfants. Après leur visite respective au parloir, Paolo et Luisa vont être coincés sur cette petite île à cause d’une tempête qui empêche tout bateau de prendre la mer.

Ils vont passer la nuit sur l’île dans un bâtiment mis à leur disposition et sous la surveillance d’un surveillant de prison Pierfrancesco Nitti.

Ainsi va se nouer entre ces trois êtres une relation particulière où chacun découvre l’autre dans la confidence, les souvenirs, les douleurs de leurs histoires respectives et arrivent finalement à se réconforter. Ces moments de partage leur permettent d’exprimer leur peine, leur tristesse et leur détresse nés d’événements qu’ils ont basculé leurs vies.

Plus haut que la mer est un très beau roman, mélancolique, terrible et doux à la fois. Les personnages se mettent à nu dans un contexte cruel, violent où l’humain peut basculer à tout moment. Francesca Melandri nous raconte son histoire avec une grande simplicité et une grande sensibilité. Je vous rassure il n’y a aucune sensiblerie. C’est juste l’histoire quasi confidentielle de trois êtres qui se rencontrent.

A lire car c’est un très beau livre, rempli d’humanité, de simplicité avec une justesse de regard sur les conséquences des années de plomb en Italie, les conditions d’incarcérations, une réelle réflexion sur les impacts que peuvent avoir certaines décisions sur la vie des gens. Une analyse pertinente de notre société sans jamais oublier la délicatesse, l’affection et l’amour du lien humain.

Un très beau roman imprégné de poésie et racontée avec une immense délicatesse malgré le sujet grave qui y est traité. Je le conseille à la lecture car il ne peut laisser personne indifférent. Un vrai coup de cœur pour ce roman.

 [208 pages / Gallimard /17,90 €]

mercredi 26 août 2015

La déesse des petites victoires de Yannick Grannec (janvier 2014)




L'avis de Gaby

Hajar et Anouchka, deux blogueuses, ont longtemps vanté les mérites de ce livre qui aborde la philosophie, les mathématiques et le récit d'une femme. Ayant du temps devant moi et le fébrile désir de le découvrir, j'en ai profité pour me plonger dans cette lecture riche de promesses.

En 1980, Anna Roth, une jeune documentaliste d'une vingtaine d'année, se voit charger de récupérer les travaux de Kurt Gödel, un mathématicien décédé. La tâche n'est pas aisée : seule Adèle, sa femme, sait où se trouvent ces précieux documents. Seulement, elle n'est pas facile et vit en maison de retraite. Voilà que démarre une opération séduction et une plongée dans le passé de la ronchonne madame.

La vie de ces deux femmes, aux tempéraments bien différents, s'entrecroiseront au fil des chapitres, le passé laissant la place au présent. Plus Anna découvrira le quotidien d'Adèle, et plus elle comprendra qu'un destin similaire l'attendra peut-être. Car il est bien question ici de destins de femmes. En apparence forte, elles sont pourtant vouées à leur amour, prêtes à faire des sacrifices pour l'autre.

Cette passion amoureuse sera d'ailleurs la blessure d'Adèle. Elle se dévouera corps et âme à son mari, attendant de lui un geste, un regard. On en viendra même à se demander quelle raison la pousse autant à se négliger au profit d'un homme qui peu à peu s'enfermera dans ses manies et sa bulle, devenant parano et épaulé par un proche d'intimes solides qui ne souhaite pas le laisser plonger. Peut-être cela le vrai amour? La générosité et le don de soi que seule une personne au coeur pris peut comprendre.

On découvrira aussi la montée du nazisme en Autriche et la fuite des cerveaux vers les Etats-Unis. Quand le quotidien est déjà instable et qu'il faut, de surcroît, se créer un avenir dans une terre loin de sa famille et de ses amis.

Yannick Grannec enrichit le livre avec des interactions qu'auraient pu avoir Adèle et Kurt avec les "grands" du début du XXe siècle. Tel qu'Einstein. J'ai énormément appris sur lui. Bon vivant, rigolard, amoureux des femmes bien que célibataire endurcit. 

Et puis il y a Anna qui vit il y a vingt ans de cela et qui pourtant semble si proche d'Adèle.

Un livre qui percute par le sacrifice d'Adèle qui confirme que derrière de grands hommes il y a aussi de grandes femmes. Un roman qui passionne avec ses débats philosophiques et ses explications mathématiques de haute volée qui donnent envie de replonger dans ses cours de mathématiques.

Une très belle lecture que je vous recommande chaudement. Même si l'amour d'Adèle pour Kurt continuera de rester à mes yeux un véritable mystère... Ajoutons que la plume de Yannick Grannec est tout simplement magnifique : elle s'est appliquée à l'écriture et on ressent cette qualité tout au long du livre.

[538 pages / Pocket / 8,10 €]

mardi 25 août 2015

Le cercle des poètes disparus de Nancy Horowitz Kleinbaum (novembre 1991)





J'ai encore quelques souvenirs de ce film tant apprécié bien qu'il ne me semble pas l'avoir vu en entier. Le cercle des poètes disparus m'inspirait depuis de nombreuses année, et, enfin, je l'ai ouvert. Depuis, "carpe diem" ne me quitte plus.

M. Keating, professeur de lettres, débarque dans un collège élitiste du Vermont dans les années 60. Ancien élève, son enseignement ne semble pas porter le sceau de l'austérité qu'il aurait pu acquérir pendant ses jeunes années.

Alors que les professeurs apprennent à leurs têtes blondes une vision de la vie instruite mais conventionnelle, M. Keating incite ses élèves à réfléchir avec inspiration et intuition, bien loin des règles établies. Evidemment, cela va donner de sacrés idées à une petite bande d'élèves qui se sentiront pousser des ailes.

Ce roman d'apprentissage montre la poésie sous un jour noble, bien loin de l'image établie qu'on a en tête. Il la vivifie, la rend indispensable à la vie, la faire devenir l'essence même de l'homme. Plus que cela, elle est présentée comme la forme finale de la réflexion humaine où la créativité, l'intuition et la liberté se mêle au raisonnement, au bon sens et au goût des belles choses. 

Vous l'aurez compris, ce roman m'a séduite autant que bon nombre de lecteurs. La lecture donne un coup de fouet à ses envies, tout en nous incitant à nous nourrir intellectuellement. 

Comment nous défaire des préjugés, des coutumes, des influences de toutes sortes ? La réponse, jeunes et tendres pousses, est qu'il faut sans cesse s'efforcer de changer de point de vue.
Messieurs, nous portons tous en nous ce désir d'être accepté; mais tâchez d'encourager ce que vous portez d'unique ou de différent, même si vous devez pour cela vous faire taxer d'excentrique. Je cite Frost: "Deux routes se sont offertes à moi; j'ai choisi la moins fréquentée et ça a fait toute la différence."

[192 pages / Le livre de poche / 5,30 €] 

lundi 24 août 2015

Je voyage seule de Samuel Bjork (2015)



L'avis d'Ondine


L’inspecteur Holger Munch est rappelé à Oslo par Mikkelson son ancien chef pour une affaire difficile. Une petite fille de six ans, vêtue d’une robe de poupée ancienne avec un cartable d’écolière sur son dos et une étiquette « je voyage seule » accrochée à son cou a été retrouvée pendue à un arbre dans une forêt.

Munch est ravi de pouvoir retourner travailler à Oslo. Il se charge de reformer une équipe avec d’anciens de ses collègues et embauche également un jeune hacker, un petit génie, qui peut lui être très utile dans l’avancée de son enquête.

Il souhaite également reprendre dans son équipe son ancienne et talentueuse coéquipière Mia Kruger, une jeune policière intelligente, intuitive, mais totalement dépressive depuis qu’elle a été mise au placard pour avoir tué un dealer de drogue lors d’une descende de police.

L’inspecteur Munch va la débusquer sur son île pour lui parler de l’affaire. Malgré le fait qu’elle s’est éloignée tout environnement humain, Mia se plonge dans le dossier de l’enquête et décèle les indices qui prouvent que ce crime ne sera pas le seul et qu’ils peuvent s’attendre à trouver d’autres petites victimes. De plus Mia Kruger pense que cette affaire peut avoir un rapport avec une disparition de bébé, une fille, enlevée dans une maternité il y a 6 ans. Ils étaient chargés de l’enquête à l’époque sans jamais retrouver la trace du bébé.

Effectivement une autre fillette est retrouvée pendue à un arbre d’une forêt avec le même mode opératoire. L’équipe de l’inspecteur Munch va devoir se mettre au travail et décortiquer tous les indices trouvés, même ceux qui semblent insignifiants ou incompréhensibles car le criminel commence à jouer avec eux en leur distillant des informations.

Comment l’inspecteur Munch et son équipe pourront-ils mener cette enquête qui semble opaque afin que les enlèvements et les meurtres des petites filles de six ans cessent. Ils mènent leur enquête de front, épluchent tous les indices, remontent toutes les pistes. Mais des petites victimes continuent d’être enlevées et vont très certainement être retrouvées pendues.

Cette affaire si complexe n’est-elle pas liée au passé de Munch et Kruger ? Qui essaie de les déstabiliser et de les piéger en tuant ces petites filles ?

Je voyage seule est un thriller qui vous happe dès les premières lignes. Samuel Bjork sait raconter des histoires à suspens tout en préservant une grande humanité à ses personnages. Un roman dense, intelligent, un scénario original, des personnages attachants, terriblement humains.

Un livre que j’ai littéralement dévoré. Très bien écrit, des rebondissements, de l’angoisse, une histoire terrifiante où à chaque moment on sent le criminel si proche qu’il peut frapper là où on ne l’attend pas. Un excellent roman, une réelle maitrise du genre, du rythme alors que le livre est dense, une justesse d’écriture et surtout une partition menée avec maestria. J’ai adoré.

Il faut absolument lire cet excellent thriller de Samuel Bjork, son premier publié en France. J’espère retrouver ces deux personnages l’inspecteur Munch et Mia Kruger et leur équipe car ils ont une réelle
authenticité.

Il me tarde déjà de lire son prochain livre en espérant qu’il paraîtra bientôt en France et qu’il saura préserver cette aptitude à nous embarquer dans ses histoires.

Je ne vous en dirais pas plus, lisez-le…

[608 pages / France Loisirs]

dimanche 23 août 2015

Les Italiens de Enrico Pandiani (juillet 2015)




L'avis d'Ondine

L’histoire débute dans un bureau au 36 Quai des Orfèvres à Paris. Une journée normale pour cette équipe de flics essentiellement composée de policiers d’origine italienne. Alors que tous vaquent à leur occupations habituelles et que le commissaire commence à entendre une plaignante pour un dépôt de plainte, leur univers va imploser. Une fenêtre du bureau explose sous l’impact d’une balle et va tuer leur collègue Brunazzi. Et voilà que d’autres tirs ont lieu les prenant tous pour cible. Plusieurs d’entre eux dont la plaignante sont tués, d’autres blessés. Des objets sont également pulvérisés et leur bureau finit par ressembler à un champs de bataille. Un vrai carnage. Les rescapés ainsi que leurs collègues veulent retrouver le sniper qui a décimé cette équipe de flics surnommés les ritals.

Mais à leur arrivée dans l’appartement où le tireur s’était positionné pour les abattre, aucune trace de l’individu hormis la maitresse des lieux ligotée et traumatisée.

Le Commissaire veut retrouver avec ses collègues survivants cet individu qui a semé la mort au sein de son équipe. Mais il devra attendre car Le Normand, son patron qui dirige la brigade criminelle, lui demande d’accompagner Moët Chambérat, une artiste peintre transsexuelle, à son atelier qui vient d’être cambriolé pour qu’il procède aux premières constatations. Même s’il ne comprend pas la priorité imposée par son supérieur pour cette affaire, le Commissaire se rend en compagnie de Moët à son atelier. L‘atelier n‘a pas seulement été cambriolé mais littéralement dévasté. Le Commissaire pense que le responsable en veut personnellement à Moët. Alors qu’il l’a raccompagne à son domicile pour vérifier que celui-ci n’a pas également eu la visite des mêmes individus, ils vont tomber dans un traquenard et le Commissaire va découvrir que des policiers sont mêlés à cette affaire.

Le voilà entraîné dans une histoire qui le dépassera totalement. Moët est un personnage troublant, mystérieux, ambiguë et fragile mais elle est aussi en danger comme le Commissaire lui-même qui semble également être la cible des assassins.

Vers qui se tourner pour demander de l’aide non seulement pour sauver sa peau mais aussi celle de Moët ? Comment arrivera-t-il à se sortir de ce guêpier sain et sauf et faire tomber les tueurs et leurs commanditaires ? 

Pour savoir de quoi il en retourne il vous faudra lire cet excellent roman policier.

Les Italiens est un polar original, rythmé, efficace. Il y a de l’action, des rebondissements, des scènes violentes, une intrigue, des personnages entiers, ce paradoxe improbable de ce couple du flic d’origine italienne, macho et de la très belle femme intelligente mais transsexuelle, de l’humour noir, un peu de sexe, un fond de politique, des cadavres qui jalonnent le cheminement de l’enquête, bref tout ce qui fait que ce livre se lit comme si on visionnait un film policier et d’action. En fait ce roman policier a tous les ingrédients pour effectivement être un très bon film policier.

J’ai lu ce livre en un rien de temps. Sa lecture s’est confondue naturellement au rythme rapide de l’histoire. Je ne connaissais pas du tout l’auteur mais quelle découverte. Une vraie maîtrise du genre avec ce petit plus qui fait que l’on ne le lâche plus jusqu’à la fin.

Un polar à découvrir. Un très bon moment de lecture. Beaucoup d’action et d’adrénaline.

[336 pages / France Loisirs / 22 €]

samedi 22 août 2015

Destination Afghanistan




Je vous parlais en mars dernier du challenge tour du monde. Je le lance officiellement sur le blog. Le principe est simple et vise à enrichir notre culture tout en nous faisant plaisir par la culture.

Aujourd'hui, direction l'Afghanistan. Dans les prochaines semaines, je lirai donc le livre d'un auteur afghan de mon choix. Afin de compléter la liste d'auteurs, je vous propose d'ajouter dans les commentaires les liens de livres d'auteurs afghans que vous avez chroniqués et les titres que vous suggérez. Je les listerai sur cette page. Ils seront très utiles pour ceux qui souhaitent découvrir ce pays par la littérature.

Dans mon cas, je compte lire Syngué Sabour de Rahimi, un titre de ma PAL.


Je compléterai ce billet par la suite, au fil de ma découverte d'autres auteurs de ce pays.




L’Afghanistan, en forme longue la République islamique d'Afghanistan (pachto : د أفغانستان اسلامي جمهوریت (Da Afghanestan Islami Jomhouriyet) ; dari : جمهوری اسلامی أفغانستان (Jomhūrī-ye Eslāmī-ye Afġānestān)), est un pays d'Asie centrale sans accès à la mer entouré par le Pakistan, la Chine, le Tadjikistan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan et l’Iran.

Le pays est un carrefour de l'Asie qui vit passer de nombreux peuples par son territoire. Ce dernier constituait, à l'époque de l'Antiquité, un point de passage important sur la route de la soie et les conquérants qui souhaitaient prendre le contrôle de l'Indey passèrent : Cyrus le Grand, Alexandre le Grand, Gengis Khan, l'empereur Bâbur, etc. Cette région est cependant le noyau de vastes empires comme l'Empire bactrien, l'Empire kouchan ou encore l'Empire ghaznévide.

C'est à la suite de l'effondrement du royaume perse afchride que l'Afghanistan devient une entité souveraine en 1747, sous le commandement du général Ahmad Khan Abdali, devenu premier padishah du pays cette même année.

À la suite de la seconde guerre anglo-afghane, les Britanniques privent l'Afghanistan de certains territoires mais s'engagent à ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures de la partie restante. Le pays devient ainsi un État tampon de 1879 à 1919, demeurant indépendant sur le plan de la politique intérieure. En 1919, à la suite de la victorieuse troisième guerre anglo-afghane, le pays récupère le contrôle de sa politique étrangère avec le traité de Rawalpindi, lieu de la défaite des armées britanniques, et rejoint en 1921 la Société des Nations. En 1979, les troupes soviétiques, dans le cadre des accords de défense mutuelle qui lient l'URSS à l'État afghan, répondent à l'appel du parti communiste au pouvoir, menacé par une rébellion armée. Cette intervention entraîne une forte résistance des rebelles, armés par les États-Unis, résistance qui mènera au retrait des forces soviétiques en 1989. En 1996 un gouvernement islamiste, celui des talibans, prend le pouvoir et est chassé par une coalition internationale en 2001. En 2004, le pays devient une « République islamique » de type présidentiel dirigée par un président aux pouvoirs étendus mais contrôlés par un parlement bicaméral.


vendredi 21 août 2015

Le blog fête ses 3 ans : je viens me confesser




Le 11 août dernier, le blog a fêté ses trois ans. Rappelez-vous, l'an passé, je vous publiais ce billet. Et un an auparavant celui-ci.

Je pourrais vous faire le point sur les statistiques mais je préfère utiliser le clavier pour vous parler de l'évolution de mon rapport au blog.

Il y a trois ans, je sortais des études et étais au chômage. De peur de voir mon cerveau se vider, je me suis lancée dans ce projet. Je l'ai fait en anonyme car je ne voulais pas m'imposer de règle. Je suis assez perfectionniste et tout ce que je mets en ligne sous mon nom se doit d'être parfait. Avec ce blog, je lâche du lest, je me permets de bâcler une chronique, de faire des fautes d'orthographe. Oui, ce n'est pas bien, pas respectueux diront certains. Mais franchement, on a quand même mieux à faire que de juger son voisin.

Depuis que j'ai ce blog, je lis avec un rythme plus accéléré. Il me faut ma dise de lecture sinon je déprime. Je lis quelques pages tous les jours, c'est mon dada.

En trois ans, nous avons tous évolué. Ce blog m'a vu coincée et sans issue immédiate en début de création. Un an après, je rédigeais un bilan dans la ville d'un de mes CDD. Une autre année, je naviguais entre chômage et CDD. Aujourd'hui je vous rédige ce post de l'autre bout du monde. Tout est possible.

S'il reste encore confidentiel, je suis pourtant fière de voir qu'il s'enrichit des commentaires et échanges de lecteurs avides et intéressants. C'est ma petite fierté et mon petit plaisir : voir que ceux qui naviguent partagent mes goûts littéraires. Une famille virtuelle en quelque sorte. 

Je vous aurai bien proposé un concours mais je n'en ai pas l'envie ni le temps.

En trois ans, j'ai pu vivre tout ce qu'expérimente un blogueur sur les réseaux sociaux : quête de reconnaissance, de partenariats, de grandes amitiés, de réussite. Aujourd'hui la biblio de Gaby est mon ami. Mais un ami qui a fait ses preuves et son temps. On n'est plus à se découvrir et s'exciter, on vit ensemble et on évolue. On est moins énervé à l'idée d'avoir les mêmes choses que les autres. Et puis forcément, mon voyage m'a permis de prendre du recul sur Internet et le petit monde dans lequel on peut se perdre facilement.

Aujourd'hui, je ne suis plus officiellement au chômage. Aujourd'hui, j'ai découvert que le livre pouvait me suivre partout et que je pouvais découvrir des nouveautés même parmi les vieux titres. Que je pouvais jouir d'un boulot, de mes amis, de mes sorties, et faire profiter des gens de mes lectures. 

Ce billet de blog célèbre un projet qui tient la route et continuera encore pendant un certain temps. J'espère que mes lectures continueront à témoigner de mon évolution et symboliseront ma démarche. On dit souvent qu'un blog littéraire ne parle que de livres. Je n'ai jamais nié qu'il y avait toujours un petit bout de soi dans chacun de mes écrits. En voici un petit morceau pour vous. Ne soyez pas trop gourmands.

jeudi 20 août 2015

Ecouler sa PAL, le remède ?



La pile à lire est un problème difficile à résoudre. On accumule des livres qu'on aime sans prendre le temps de les ouvrir. J'ai utilisé mille et une techniques pour en réduire le nombre, par des challenges ou des contraintes. Mais ça suffit! A partir de maintenant, je compte allier rigueur et plaisir. Aussi, j'alternerai un livre de ma PAL avec un livre de mon choix afin de diminuer le sentiment d'obligation. J'ai d'ailleurs préféré le mettre en pratique avant de vous en parler. Et pour le moment, ça a marché.

J'ai lu, par ordre chronologique :

-Jane Eyre (PAL)
-La déesse des petites victoires

et je lis actuellement Le tigre blanc (PAL).

Et vous, avez-vous des stratégies pour venir à bout de votre pile de livres non lus?



mercredi 19 août 2015

Jane Eyre de Charlotte Brontë (octobre 2009)




L'avis de Gaby

J'en entendais parler depuis si longtemps que j'en suis enfin venue à me convaincre de le sortir de ma pile de romans non lus. Ce classique tant apprécié était à mes yeux une valeur sûre. Même si le résumé ne m'emballait pas plus que cela, il y avait peu de chance d'être déçue. Et pourtant...

Jane Eyre est une orpheline confiée à sa tante et son oncle. Ce dernier décède, la laissant aux mains de sa femme qui ne se sent nullement concernée par la demoiselle. Elle n'a pas demandé à l'avoir à sa botte. Ses cousines et son cousin se chargeront d'ailleurs de lui faire payer cet affront. Mal aimée, Jane Eyre, petit rat de bibliothèque, est alors envoyée dans une pension où elle apprendra la mesure et à être une bonne gouvernante. Viendra un jour où le destin la mènera dans le domaine de John Rochester.

La trame de l'histoire est assez classique puisqu'on suit ici une élève modeste que tout le monde trouve assez moche et qui succombera aux foudres de l'amour. Le genre d'histoire qui me laisse assez froide, même si de précédentes tentatives m'ont quand même bien surprise comme ce fut le cas pour Orgueil et préjugés de Jane Austen. Autant vous dire qu'on est quand même bien loin du chef d'oeuvre.

Je n'ai tout d'abord pas accroché au style que j'ai trouvé assez maladroit et quelconque. Je ne sais pas si une autre façon d'écrire aurait de toute façon pu sauver ce roman dont l'histoire m'a laissé de marbre. Il faut dire que les événements demeurent assez prévisibles et entendus. Ainsi Jane Eyre croisera la route de deux hommes qui seront forcément les deux seuls prétendants possibles. On est face à un univers assez fermé qui nous laisse donc peu de place à l'évasion. Charlotte Brontë se concentre sur l'histoire sans amener quelques distractions qui auraient pu l'enrichir.

Ensuite, Jane Eyre n'est pas bête. Si les échanges sont assez piquants, il manque une certaine pointe de malice notamment entre elle et Rochester. Ce n'est pas mièvre entre eux, mais on s'ennuie beaucoup. Les deux semblent s'analyser et projeter leur certitudes sur l'autre sans en tenir compte. Rochester est assez tourné vers son nombril d'ailleurs, et semble vouloir façonner Jane Eyre à sa sauce.

L'un des passages qui a, au final, retenu mon attention est celui avec son cousin missionnaire. L'homme qui ne se voit qu'à travers sa mission et propose à la jeune femme de l'épouser pour s'en servir comme un outil dans sa quête d'éveil spirituel. Autant dire que la demoiselle n'a pas été entourée par les prétendants les plus intéressants. Je ne suis même pas surprise par la fin du récit.

Bref, un classique qui ne m'a pas convaincu. J'avais déjà eu une autre déception du même genre avec Vipère au poing d'Hervé Bazin. Mais pour le coup, cette dernière lecture m'a pas mal refroidi dans mon désir de découvrir les classiques. Pour être honnête, ce roman ne m'a absolument rien apporté, et je déteste cette impression. Peu amatrice de romance, je suis un peu lassée de toujours replonger dans la même trame à chacune de mes lectures. Le livre de sa soeur attendra donc encore un certain temps dans ma bibliothèque.

[736 pages / Pocket / 5,60 €]

lundi 17 août 2015

dimanche 16 août 2015

mercredi 12 août 2015

mardi 11 août 2015

lundi 10 août 2015

vendredi 7 août 2015

mercredi 5 août 2015