lundi 17 août 2015

Etranger dans le mariage d'Emir Kusturica (janvier 2015)





L'avis d'Ondine

Emir Kusturica est surtout connu dans le milieu cinématographique en tant que metteur en scène et acteur. Un réel talent avec son univers si particulier qui ne peut laisser indifférent. Il est également un
musicien passionné et quelque peu fou mais avec une folie merveilleusement entraînante. Et voilà Emir Kusturica auteur.

Etranger dans le mariage est un ensemble de six nouvelles qui racontent la vie à Sarajevo, les relations intra et extra familiales, la vie quotidienne entre les différentes communautés ethniques à travers le regard de l’enfant de la famille. On sent que cet enfant est proche de l’enfant qu’a pu être l’auteur. Puis il y a cette nouvelle « Dans l’étreinte du serpent », une histoire d’amour que la guerre rendra douloureuse, tellement triste et empreinte de désespoir.

Une très belle nouvelle.

Chaque histoire a la marque et surtout l’identité de l’auteur. On sent qu’il y diffuse des moments de souvenirs autobiographiques avec un petit soupçon de tendresse, de tristesse et de nostalgie. On sourit, on se désole, on est triste, on rigole, on s’étonne, on se projette quelque peu dans un passé et dans des évènements dramatiques pour certains qui nous sont quelque peu inconnus et lointains. Mais il y a une réelle authenticité qui transparaît dans chacune de ses nouvelles.

Même si dans sa façon de raconter Emir Kusturica conserve son identité et son empreinte, il sait partager avec le lecteur ses souvenirs, son profond attachement à son pays et transmettre cette nostalgie d’un passé qui semble l’avoir marquée à jamais dans son cœur.

Un livre qui mérite que l’on s’y arrête et qu’on prenne le temps de le découvrir. Certes le lecteur pénètre dans cet univers particulier qu’est celui de Emir Kusturica mais de temps en temps cela fait tellement de bien de se laisser raconter des histoires par un auteur qui conserve son identité et son authenticité, sa folie artistique et qui a une réelle tendresse, de la nostalgie, un regard lucide et à la fois compatissant pour ses personnages et son pays. Il a su me toucher.

A découvrir vraiment.

[270 pages / JC Lattès / 20 €]

2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup ce réalisateur, il me parle car une de mes meilleures amies est bosniaque ;-) Je vais tenter de mettre la main dessus !

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