jeudi 17 septembre 2015

Le tigre blanc d'Aravind Adiga (septembre 2008)




L'avis de Gaby

Livre préféré d'Iluze qui en vantait les mérites, Le tigre blanc m'intéressait beaucoup puisqu'il était question d'Inde et d'un homme intelligent. Je ne savais pas vraiment où j'allais mettre les pieds, encore moins que ce soit une sorte de récit sous forme épistolaire. En effet, Ashok Sharma, un jeune chef d'entreprise de Bengalore, écrit des lettres au premier ministre chinois qui prévoit de se rendre dans sa ville.

Ashok vient d'une famille pauvre vivant dans un village. Sa grand-mère a une grande emprise sur sa famille, et le jeune homme voit sa mère mourir sans que quiconque ne s'en soucie. Ashok n'a pas de nom, son instituteur lui en trouvera un. Sa grande intelligence le fera se démarquer et surnommé le tigre blanc. Bien vite il voudra fuir la condition dans laquelle il vit. Il a devant ses yeux un modèle : un  chauffeur de bus qui, tout au long du roman, verra sa position évoluer en fonction de son importance et de sa proximité avec les politiciens et grands locaux.

Ashok va décrire dans ses lettres son quotidien, l'univers corrompu, sa hargne de la réussite et son ressentiment face à la cage à poule dans laquelle il vit (ou le fameux effet 'plafond de verre'?). Il s'adapte à son environnement, volontaire à vouloir sortir de sa condition et entraîné par d'autres chauffeurs. Il explique ses ressentiments, sa rancoeur et sa colère, mais aussi les sacrifices qu'il réalise pour se forger une nouvelle vie.

Le tigre blanc est un roman sombre, dur, qui montre une facette très sinistre de la société ancienne indienne, où l'importance des clans et des liens familiaux régissent le devenir d'un individu qui ne peut survivre en tout individualisme et doit se plier au groupe.

Ashok s'efforcera tout au long du roman de vivre pour lui, de devenir un, et en côtoyant les autres il apprendra qu'il faut pourtant jouer dans la cour de jeu des autres et se soumettre aux diktats de la société en vigueur. L'un de ses mérites sera pourtant de ne jamais cesser de croire en ses rêves.

Un récit intéressant qui nous plonge dans l'intimité indienne de la société. Une très belle lecture passionnante et rude. Ne passez pas à côté !

[318 pages / 10-18 / 8,40 €]

3 commentaires:

  1. Cela fait un bail que je veux le lire ! Merci pour ce rappel à ma mémoire encombrée de trop de tentations ;-)

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  2. Oooh mais je n'avais pas vu que tu l'avais lu cette année. Ca avait été une vraie claque, je suis contente que tu l'aies aimé.

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  3. Il me tente bien ce titre ! Merci du partage. ;)

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