dimanche 4 octobre 2015

Doux comme la mort de Laurent Guillaume (février 2015)





L'avis d'Ondine 

Il y a cet homme surnommé « le Messager » incarcéré dans une prison malienne. C’est un ancien commando de marine, un mercenaire à ses heures qui apprend que son ami et compagnon est mort. Gabriel, le Messager n’est pas convaincu que son compagnon soit mort dans un accident. Il décide d’en avoir le cœur net. Il s’évade de sa geôle malienne avec une facilité déconcertante pour rejoindre Paris et mener son enquête. Sa quête de la vérité le mène sur les traces d’un policier qui enquête sur la disparition de sa fille. Une jeune fille droguée qui fréquente des petites frappes et côtoie les milieux de la drogue et de la prostitution. Mais son père est loin de se douter de la réalité du quotidien de sa fille et de son calvaire.

La route du Messager et du policier vont se croiser et fatalement l’issue de cette rencontre est juste celle ordonnée par un contrat lancé contre le policier. Mais les commanditaires voulaient-ils réellement juste tuer le policier gênant ou la mort du Messager était-elle également programmée par ceux qui tirent les ficelles. Le Messager est un homme ayant des ressources, vigilant, malin et surtout en permanence sur ses gardes. Il endosse l’identité du policier disparu pour faire aboutir ses recherches et s’approprie les recherches pour retrouver Eva, la fille de ce dernier. Il faut qu’il fasse tout pour retrouver la jeune fille. Si celle-ci est toujours vivante il veut la ramener à sa mère comme le lui avait promis le policier.

Il travaillera en tandem avec Estelle une jeune policière qui la secondera dans ses recherches. Celle-ci n’est pas dupe et sait que Gabriel est loin d’avoir le comportement et les réactions innées d’un policier. 

Comment Gabriel va-t-il pouvoir poursuivre son enquête en se préservant de ses ennemis inconnus qui feront tout pour l’éliminer ? Arrivera-t-il à retrouver la fille du policier pour la ramener à sa mère ? Découvrira-t-il qui tire les ficelles en manipulant la police, les gens du milieu tout en faisant figure d’un politicien intègre et sans reproche ?

Avec Doux comme la mort Laurent Guillaume nous entraîne dans un thriller quelque peu particulier avec un scénario très masculin. L’auteur projette son lecteur dans un contexte politique et social d’actualité avec des protagonistes inhabituels tels que Gabriel, le mercenaire, Marc ce policier qui malgré ses dérives a une éthique professionnelle qui finalement va le tuer, le tout dans un environnement de politiciens et de chefs de la police corrompus qui mêlent leurs intérêts à ceux des malfrats de bas étage à coup de trafic de stupéfiants et de prostitution où l’argent est et reste le nerf de la guerre.

Un roman étonnant et très masculin à l’esprit sombre et sans concession où les manipulations et les crimes s’enchaînent pour préserver les commanditaires.

Malgré la dureté de l’histoire et son réalisme narratif, le lecteur ne peut s’empêcher de trouver Gabriel, ce mercenaire et tueur sur commandes, sympathique et humainement attachant avec une honnêteté et une éthique qui lui sont propres. Ce qui est paradoxale.

Doux comme la mort est un thriller très bon avec une intrigue qui tient le lecteur sous pression, cruel, violent et sans état d‘âme, un récit cash. Un roman original qu’il faut découvrir car il propose au lecteur une autre approche de notre société, une de ses facettes qui existe mais dont on parle très peu.
A découvrir.

[410 pages / Pocket / 7,70 €]

2 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas du tout ! ça a l'air très prenant, comme intrigue...

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  2. Un auteur qui a son propre style, pour celui-ci un peu masculin qui peut peut-être dérangé mais en fait c'est un très bon roman avec un sujet d'actualité et une approche et une écriture intéressante.
    J'envisage d'en lire d'autres de cet auteur histoire d'y retourner.
    bonne lecture à toi
    Ondine

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