vendredi 27 novembre 2015

Eden, Le serpent qui siffle dans ma tête de Serge Boudoux et Cécile de Laget (juin 2015)




L'avis d'Ondine

Laurence Poncet est officier de police judiciaire à Auch. Elle est sur la piste d’une criminelle qui aurait assassiné plusieurs personnes sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Laurence vient d’arriver à Cannes car elle a rendez-vous avec Gilles Davier, le psychiatre qui soigne sa suspecte depuis de longues années. Elle sait que son enquête auprès du psychiatre est illégale mais elle ne peut se résoudre à lâcher cette piste si près du but.

Elle souhaite savoir qui est réellement cette jeune femme Eden, belle, intelligente et qui semble avoir tout pour réussir sa vie et qui ne laisse aucun homme indifférent. Pourtant Laurence sait que cette jeune femme est la responsable de tous ces crimes non élucidés et commis le long du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. 

Elle va écouter le récit du psychiatre avec le plus grand intérêt. Elle ne le trouve pas très objectif , quelque peu séduit par sa jeune patiente qui ne semble pas le laisser totalement indifférent. Mais ce que lui relate le psychiatre va au-delà de ses espérances tellement il est précis dans son récit et lui raconte des faits qui la conforte dans ses convictions.

Malheureusement pour Laurence, Eden est non seulement une criminelle mais elle est également à multiples facettes. Mais rien ne laissera présager l’issue de cette entrevue.

Eden - le serpent qui siffle dans ma tête - est un roman étonnant, déstabilisant, qui entraîne le lecteur dans un récit qui nous parle d’une jeune femme Eden qui vit une vie socialement correcte. Elle a été élevée par sa tante, a très peu de contacts avec ses parents et sa jeune sœur et a un emploi qui lui plait. Mais Eden est aussi une jeune femme complexe et en quête permanente. Elle fait des cauchemars dans lesquels elle se débat avec un homme habillé de noir qui la terrorise et elle est en discussion permanente avec son double qu’elle appelle le serpent. Ce serpent qui lui envahit régulièrement son esprit semble être son mauvais double et lui transforme sa vie en enfer.

Eden - le serpent qui siffle dans ma tête - est en réalité un très bon thriller psychologique. Une histoire qui se transforme en cauchemar et qui entraîne le lecteur dans un scénario totalement inattendu mais très réussi avec une chute qu’on était loin d‘imaginer.

De l’adrénaline, des rebondissements. Une héroïne perturbée et si imprévisible, entière et si dévastée mais qui n’a aucune limite dans un tourbillon d’événements dramatiques et perturbants.

Un roman que j’ai lu en peu de temps tellement il m’a accroché et je n’ai pu le lâcher jusqu’à la fin. Un thriller psychologique abouti dans lequel le lecteur comme les personnages sont sur cette si fine ligne qui sépare le bien du mal. A lire et surtout à découvrir.

Il semblerait que les auteurs aient prévu une suite à l’histoire. Vivement que je puisse la lire.

[Baudelaire / 19,90 €]

samedi 21 novembre 2015

Retour sur le TTT #1 Les 10 auteurs populaires dont je n'ai encore jamais lu de livre






L'an passé (le 8 mars 2014), je vous listais les dix auteurs dont je n'avais jamais lu les livres. Un lecteur a lu récemment ce billet et en le redécouvrant également je me suis aperçue que j'avais quand même osé plonger dans les livres de quelques uns. Donc on fait le point !

Auteurs lus :

-John Green : je l'ai découvert avec le livre Nos étoiles contraires. Je lirai un autre livre que j'ai dans ma PAL. Mais je ne compte pas découvrir plus cet auteur qui m'indiffère.

-Les soeurs Brontë : Je n'ai vraiment pas aimé Jane Eyre, mais je ne compte pas pour autant bouder ses autres soeurs. 

- J'ai découvert Nietzsche avec Opinions et sentences mêlées (livre non chroniqué). Je compte lire d'autres ouvrages de lui.

Barjavel a aussi été lu. La nuit des temps m'a rendue curieuse. Je lirai Les dames à la licorne, que j'ai aussi dans ma PAL, prochainement.

- Harper Lee : je peux fièrement crier au monde que j'ai lu toute la biographie d'un auteur ! Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur et Va et poste une sentinelle sont deux livres que j'ai adoré. 

- Samuel Beckett : j'ai beaucoup aimé En attendant Godot. Il ne reste qu'à trouver ses autres oeuvres. 

Total : 6/10 

Je suis fière de ce résultat !


Auteurs qu'il me reste à découvrir dans la liste 2014 :


-Haruki Murakami : manque de temps et d'envie...
-Paul Auster : pareillement
-Tom Wolfe
-Marcel Proust : j'hésite beaucoup

Pour quelques uns, l'envie n'est plus vraiment là. 

Les nouveaux 6 auteurs que j'ajoute :


-Roberto Saviano et son fantastique travail sur les mafias
-Pearl Buck dont je lis beaucoup de bien
-Philip Caputo parce que j'aime bien les récits fictionnels basés sur des faits réels
-De Beauvoir, il serait temps que je m'y plonge (j'ai lu Camus et Sartre quand même!)
-Homère, quand même !
-John Irving parce que là encore c'est un auteur apprécié de presque tous

Et vous, quels sont vos dix auteurs à découvrir? Connaissez-vous ceux que j'ai cité? Les avez-vous lus? Les aimez-vous?

vendredi 20 novembre 2015

Mes lectures de la semaine #1




Bonjour, je reviens avec une série de billets concernant mes lectures actuelles. Cette rubrique sera tenue en fonction de mon temps libre puisqu'elle requiert une certaine disponibilité pour en assurer l'assiduité.

La semaine dernière j'ai lu The book of Ivy, une lecture jeunesse que je vous recommande. L'univers est plus réfléchi comparé à beaucoup d'autres.


Cette semaine, j'ai aussi lu Va et poste une sentinelle de Harper Lee. Je l'ai en version anglaise, mais j'avais la flemme de m'y plonger. Et franchement, foncez. L'esprit Scout y est :)


Ma lecture en cours est Les catacombes de Toby Ball, livre proposé dans Le club de lecture.


Ma prochaine lecture, pour le challenge cold winter.





jeudi 19 novembre 2015

Va et poste une sentinelle de Harper Lee (octobre 2015)




L'avis de Gaby


Il me tardait de lire la suite de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee. J'ai lu les articles de presse qui sont parus peu de temps avant et après sa mise dans le circuit, et j'avais été très surprise des réactions. Qui criait le plus fort que le comportement de Atticus était une honte, que ce livre n'était pas du niveau du premier. Bref, que de bruits pour un livre sorti alors même que l'auteure ne semble plus avoir la main mise sur ses propres écrits. En effet, l'une des polémiques autour de ce bouquin est la vente des droits peu de temps après le décès de la sœur de l'auteure, qui avait la responsabilité de ses intérêts

Trêve de blabla. Je vous rappelle seulement la genèse de cet ouvrage. Harper Lee a écrit ce livre avant Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. Son éditeur ne le trouvait pas génial et lui a demandé de se concentrer sur l'enfance de Scout. Va et poste une sentinelle n'était donc pas voué à être édité. Il l'est parce que ses droits ont été cédés et suite au succès de l'unique titre de l'auteur. Pour autant, ce premier livre, rédigé avant Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, se déroule après. On retrouve une Scout devenue une presque trentenaire et dorénavant appelée Jean Louise.

Le début est emballant, on est au coeur de l'action. Jean Louise (que j'appelerai Scout) est de retour à Maycomb pour deux semaines. Elle vit à Maycomb et, âgée de 26 ans, elle vient passer du temps auprès de sa famille, alias Atticus, le papa tant aimé, et Alexandra, la tante rigide. Calpurnia, sa nounou, a quitté la maison pour une retraite bien mérité. Et Jean Louise a une liaison avec Hank-Henry ( j'ai pas compris le changement de prénom...), qui assiste Atticus en tant qu'avocat.

Scout a bien grandi, elle est devenue une femme consciente de ses droits. Elle fume et est toujours encline à faire des folies. Son frère est mort deux ans auparavant. Elle peine à se remettre de la disparition de Jem, d'autant qu'elle n'a pas connu la mère.

Au fil du récit, on découvre tous les détails de son enfance, au détour des réflexions de Scout qui a du mal à retourner à un esprit de village.

Je vous avoue que le style n'est pas aussi abouti que dans Ne tirez pas dans l'oiseau moqueur. Je me suis perdue dans la politique américaine parce que Harper Lee ne nous reprécisait pas des faits qui semblaient évidents et les notes de bas de pages ne sont pas d'une très grande aide. Elles donnent des explications basiques. Bref, on galère, surtout quand on lit sur une liseuse car on doit attendre la fin de chapitre. Pour le coup, j'aurai aimé une introduction, un prologue pour nous expliquer le contexte et clarifier la situation.

Scout demeure un personnage solide et intéressant mais parfois on se perd dans ses tergiversations. Parfois, c'est "je", parfois c'est "elle". On saute d'un esprit à un autre. Pour suivre, ce n'est pas simple au début, mais on s'y fait. Les dialogues pèchent aussi : trop longs, moins pertinents que dans le premier livre paru. Le long échange entre Atticus et Scout est légitime et intéressant, mais c'est long. Quant au discours de l'oncle, il nous perd autant que Scout !

Pour en revenir au fameux Atticus et à son revirement, cela ne m'a pas choqué. Scout le voyait comme son papa et découvrait les injustices du monde dans le premier ouvrage. Ici elle découvre qu'il faut faire des concessions, que parfois la vie force les gens à agir d'une telle façon mais qu'il ne faut pas s'arrêter aux premiers abords.

Oui, il est question du racisme et de la différence des races, mais remettons nous dans le contexte historique pour comprendre les réactions des gens. Et ici Harper Lee essaye de débroussailler tout cela et d'expliquer que la situation n'est pas si simple, les enjeux sont complexes.

En définitive, un roman à la hauteur du premier dans la profondeur des personnages et leurs réflexions. Scout me parle toujours autant, dans sa fougue. Dans cet ouvrage, elle souffre d'un décalage au sein de son entourage. Mais rien dans le récit n'est gratuit et tout trouve une certaine utilité. Effectivement, on ressent les failles de l'écriture, du premier jet que Harper Lee ne retravaillera jamais vu son âge. Il faut faire avec.

Clairement, lisez-le. J'ai encore une fois apprécié la conclusion du récit, qui m'a touchée mais que je ne peux développer ici pour que vous en gardiez toute la primeur.

[336 pages / Grasset / 20,90 €]

mercredi 18 novembre 2015

#UnlivrepourParis




Je souhaite participer au mouvement lancé par booktubers et bloggueurs qui ont décidé de vous proposer un livre pour vous changer les idées.

Le seul qui me vient à l'esprit est Malavita. Une histoire drôle et fraîche qui raconte la vie d'une famille de mafieux planquée dans une petite ville du nord de la France. Imparable pour se dérider.

Courage à tous et à toutes. Le choc est dur mais il ne faut pas pour autant s'enfermer dans une bulle. Ce qui s'est passé est bien réel et il ne tient qu'à nous de le surmonter et de prendre en compte les enseignements de nos lectures.

Challenge Cold Winter 2015-2016






Oui, je suis la fille qui vous met une image bien significative de Noël. J'en profite pour vous présenter ma sélection de lecture pour le challenge Cold Winter. 

Mais d'abord revenons sur le principe de ce sympathique événement. Il consiste à lire, entre le 1er décembre 2015 et le 29 février 2016, des livres sélectionnés respectant 3 thématiques décidées par les organisatrices de cette année, Antonine et Margaud.

Vous avez le choix entre deux menus : magie en hiver et Noël scintillant.

"Magie en hiver" :
- Un conte/une nouvelle
- Un roman avec une couverture hivernal
- Une histoire d'amour

"Noël scintillant" :
- Une réécriture de conte
- Une histoire prenant place à Noël
- Un roman dont le titre contient le mot hiver/neige/glace

Une thématique = 1 livre. Soit 3 livres minimum à lire pour ce challenge.

Je vous invite à rejoindre le groupe Facebook pour suivre les discussions et découvrir les différentes sélections.

N'étant pas forcément une lectrice de livres proposés dans les menus, je peux tout de même vous assurer que tout le monde peut participer et composer le sien s'il ne se sent pas en phase avec la sélection. C'est aussi cela l'esprit de Noël :)

Une histoire d'amour








Un titre dont le mot contient une référence au froid


Dernier livre choisi pour le manque de chaleur de la protagoniste


Et, vous qu'avez-vous prévu de lire?



mardi 17 novembre 2015

La fée électricité de Laurent Danet (décembre 2014)




L'avis d'Ondine

L’histoire se passe dans une salle d’exécution avec une chaise électrique comme instrument de torture. Il y a le condamné à mort qui a commis tellement de crimes atroces qu’il va passer sur la chaise électrique. Une première car cela faisait longtemps qu’il n’y avait plus d’exécution.

Sont également présents le Juge qui doit vérifier que la sentence soit exécutée dans les règles, le technicien qui est chargé de manipuler la chaise électrique au moment crucial, deux personnels de prison, un adjudant-chef et un adjudant ainsi que l’aumônier qui doit apporter le réconfort au criminel.

Alors que tout se prépare pour cet ultime moment qu’est l’exécution du condamné, une panne électrique empêche la réalisation de celle-ci. De plus comme la panne électrique est une panne générale de secteur, les voilà tous enfermés dans cette salle d’exécution à attendre que le réseau se rétablisse. Malheureusement cette situation particulière va perdurer toute la nuit et ils vont tuer le temps autour d’un repas bien arrosé.

Un huit-clos intéressant a lieu avec les réflexions de chacun sur cette situation plus que particulière et qui vont les entraîner à discourir sur des sujets de société avec des appréciations et des commentaires qui vont au-delà de leur simple fonction. Malgré leur différence professionnelle et de vie ils vont échanger sur des sujets qui les touchent mais qui finalement sont universels.

Je ne suis pas une adepte des pièces de théâtre à lire mais j’étais assez intéressée par le sujet qui est très original. D’ailleurs j’ai oublié dès les premières pages que je lisais une pièce de théâtre. L’histoire est effectivement très singulière et même à certains moments comique et décalée. On se laisse embarquer dans ce huit-clos particulier et on se demande quelle va en être finalement l’issue car tout est possible.

Laurent Danet est arrivé à m’intéresser à un autre genre de lecture celle des pièces de théâtre ce qui est loin d’être ce que je préfère. J’ai lu ce roman sans difficultés et ai beaucoup aimé le côté décalé de ce livre. Toutefois je mettrais un bémol il me manquait un petit quelque chose pour que j’adhère totalement. A découvrir car cela reste une pièce de théâtre originale. Je serais curieuse d’avoir les retours de ceux qui liront ce livre.

[84 pages / Baudelaire / 12 €]

dimanche 15 novembre 2015

SILENCE ET RECUEILLEMENT (par Ondine)






Depuis les événements je suis dans un profond silence et dans un immense désarroi et beaucoup d’incompréhension. Je suis née dans un pays de paix et j’aime cette douceur de vivre que mon pays m’offre tous les jours.

Et voilà que des « ? « (je ne sais les nommer car il n’existe aucun mot dans notre langue qui puisse les définir à leur juste valeur) nous imposent leur obscurantisme violent, aveugle et sauvage en voulant nous faire peur et nous terroriser.

Nous ne voulons pas de leur monde et qu’ils sachent que nous resterons debout face à leur violence et leur terrorisme quoiqu’il nous en coûtera.

Nous saurons préserver nos valeurs indélébiles et si précieuses : liberté, égalité, fraternité.

Et nous continuerons à vivre dans le respect de ces valeurs. Nous saurons tous faire face debout et sans crainte. J’ai une pensée remplie de tristesse, de compassion et de douleurs pour les victimes, leurs familles et leurs proches. Mon cœur pleure ces innocentes victimes.

samedi 14 novembre 2015

Ils ne nous auront pas (par Gaby)





Comme beaucoup, je suis sortie choquée de cette nuit effrayante. J'ai suivi en direct les événements, j'ai digéré l'horreur, et je suis consciente que les larmes vont encore longtemps couler.

Mais vous savez quoi?

On s'en sortira.

Parce qu'on est avant tout râleurs et vindicatifs. On est les premiers à faire des grèves et à sortir dans la rue. Nous sommes aussi les premiers à se détester et à se haïr.

Et pourtant, quand un malheur arrive, on s'entraide, on se comprend.

Alors oui, on se relèvera. Parce que nous les Français on est comme ça.

On s'est tapé dessus pour l'égalité, la fraternité et la liberté.

Et même si ces valeurs sont écorchées, on met toujours les pieds dans le plat pour en parler.

Hier encore, des portes se sont ouvertes, des gens se sont soutenus, des verres ont été bus.

Alors moi j'y crois. On va rester cette bande d'irréductibles Gaulois, qui aujourd'hui est parée d'encore plus belles couleurs grâce à la mixité et à l'échange.

Et on bottera le cul à l'obscurantisme.

mercredi 11 novembre 2015

The book of Ivy d'Amy Engel (mars 2015)




L'avis de Gaby

Surprenante lecture sur ce blog : j'ai lu un livre young-adult... et je l'ai fini !

Vous aviez peut-être lu mes précédentes chroniques qui révélaient mes déceptions littéraires pour Divergent, Nos étoiles contraires ou Soeurs sorcières. Depuis, j'étais devenue frileuse à l'idée de replonger dans un bouquin destiné à un jeune public. Non que la qualité n'y soit pas, mais généralement les intrigues sont simples et trop romanesques à mon goût.

J'avais entendu et lu énormément d'éloges sur The book of Ivy, mais je n'osais pas passer le cap. Et puis, je suis tombée sur la biographie de l'auteure, décrite comme une avocate américaine ayant vécu notamment en Iran et à Taïwan. Deux raisons qui me laissaient penser qu'avec son bagage, elle avait peut-être des messages à faire passer, des choses à dire et que son univers ne serait peut-être pas aussi simple que redoutée. 

Dans un univers post-attaque nucléaire, Ivy est une jeune fille promise à un garçon de deux ans plus âgé. Elle vit dans une ville de 10 000 habitants, scindée en deux. Chaque année, toutes les demoiselles de 16 ans de Westside sont conviées à épouser un homme d'Eastglen. Mais qui sont-ils? Une cinquantaine d'années auparavant, deux familles se sont affrontées pour obtenir le pouvoir. Ivy fait partie de la famille des perdants mais doit toutefois s'unir à l'autre camp. Seulement, le père d'Ivy et sa soeur Callie veulent renverser le système. Et ils comptent beaucoup sur elle

C'est en gros la trame de l'histoire. Décrit comme cela, vous comprenez que cela ne donne pas envie de s'y plonger. Seulement, cette ville est isolée et entourée de barrières et personne n'en est sortie pour aller explorer les alentours (hormis les bannis). Les gens vivent reclus dans un univers quasi auto-suffisant avec des lois destinées à les tenir en vie.

Je me doutais bien que l'auteure allait nous emmener un peu plus loin que les traditionnels romans jeunesse. A travers Ivy, elle interroge beaucoup les normes sociétales : pourquoi de telles règles existent? Elles sont injustes mais comment les changer? Plus de liberté signifie-t-il plus de bonheur? En fait, elle pose des questions assez légitimes sur les moyens de subsistances d'urgence et la reconstitution d'une communauté.

Et elle le fait avec méthode et assez d'intelligence pour qu'on ne tombe pas sur les clichés habituels du méchant cinglé : ici le "méchant à éliminer" est quelqu'un de normal qui agit avec conscience. Il a des raisons et sait se justifier. On n'est pas face à un illuminé qui arrive à exalter une foule en la nourrissant avec des jeux. Les protagonistes ne brillent donc pas et paraissent un peu fades si on les compare aux intrigues habituelles. Ils sont banals, gentils et réfléchis. 

Amy Engel arrive à nous intéresser à la condition des citoyens également. Ils ne vivent pas dans une démocratie mais ne se rebellent pas. En même temps, leurs grands-parents ont fui une guerre nucléaire, ils vivent en paix, ce n'est pas parfait mais ils ne sont pas asservis. On est face à un univers assez équilibré avec ses failles du système, comme le mariage imposé et la condition des femmes (qui morflent toujours en premières....) D'ailleurs pourquoi se révolteraient-ils alors que aux portes de leur ville, c'est peut-être l'enfer ? (au passage cela me fait penser à l'excellent livre d'Etienne Guéreau : le clan suspendu)

Cette normalité permet finalement au lecteur de se créer sa propre opinion et de réfléchir à ce qui pourrait être le mieux pour eux. Il devient actif et ne peut pas se reposer sur les avis des uns et des autres. Comme le dit Bishop, époux d'Ivy, chacun doit apprendre à réfléchir. Et c'est le message que semble vouloir faire passer Amy Engel.

Je tiens tout de même à aborder quelques petites critiques. Tout d'abord, l'intrigue prend du temps à se mettre en place. Rien ne presse, aucune urgence. On ne s'ennuie pas mais il n'y a pas de multiples rebondissements. Peut-être un des effets que voulait mettre en place l'auteure pour asseoir le côté paisible de l'univers. 

Ensuite, je trouve les arguments du père d'Ivy et de sa soeur un peu légers. Je comprends l'existence du dilemme qui déchire Ivy, mais pendant tout le roman on a quand même l'impression que la famille est isolée. Le père a délibérément sorti Ivy et Callie du système scolaire pour les éduquer, ils ont toujours vécu dans une bulle. Comment peuvent-ils décemment vouloir une révolution alors qu'ils semblent n'avoir aucun soutien? Donc on parlait de l'absence de gens barges dans ce bouquin, mais à mon avis, ce sont eux qui représentent les cinglés dans l'affaire. Même si leurs arguments sont compréhensibles, leur pouvoir reste limité.

Dernier point qui me laisse dubitative : il n'y a aucune description hormis les qualificatifs beau et belle. Vous aurez des éléments physiques précisant la beauté de tels yeux, tels cheveux, mais rien de plus. A vous d'imaginer la ville et les personnages. J'ai d'ailleurs un mal fou à me positionner sur leur physique. Cela peut-être déstabilisant car le cachet en prend un coup et si l'auteure a créé l'univers dans son aspect systémique, on se demande si elle a vraiment une idée sur l'esthétisme qu'elle veut donner. Mais le côté positif est que cela nous permet, à nous lecteur, d'être un peu plus acteur et de pouvoir tout imaginer (un aspect qu'on peut retrouver dans le livre L'échange de Brenna Yovanoff).

En définitive un bon roman young-adult, avec de la profondeur et qui amène de questions existentielles. Mais qui reste un livre de son genre. J'aurai vraiment voulu qu'il soit plus abouti et plus travaillé. On sent vraiment que les aspects sont lissés (je reste sur ma faim concernant ce monde), pour faciliter la compréhension. C'est en tout cas le genre typique de livre dans lequel vous pouvez projeter votre univers.

Petite critique tout de même : j'aurai préféré un titre français....

Je ne pensais pas avoir autant de choses à vous écrire....

[341 pages / Lumen / 15 €]

Mon top 5 pour les 100 livres préférés des blogueurs





Bonjour,

aujourd'hui je reviens sur le blog pour un top 5. Vous en avez certainement entendu parler (ou pas), mais un blogueur - Kevin de Palace of books -  propose de lister les titres proposés par les blogueurs et youtubeurs afin d'évaluer les titres phares des lecteurs.

J'ai trouvé l'idée intéressante et je viens donc soutenir mes titres favoris, en espérant qu'ils gagnent en visibilité ! Je vous invite également à participer et, si le coeur vous en dit, à me laisser en commentaire également vos top 5 afin de les partager. Attention, pour les comptabiliser dans le top de Kevin, il faut se rendre sur son blog !

N'hésitez pas à me dire si vous les avez lus et aimé ou détesté, et si je vous ai donné l'envie d'en découvrir certains !

 Et mon premier titre est la série A la croisée des mondes. Lecture de mon adolescence, que j'ai lu et relu et dont je garde un très bon souvenir. Un indispensable jeunesse que je compte relire prochainement (dans les prochaines années) afin de découvrir les insinuations de l'auteur.
1984 fait partie des titres que je recommande le plus souvent. Pour moi il incarne un peu le guide ultime contre les effets pervers d'Internet. Evidemment que j'aime ce nouveau moyen de communication, il n'empêche qu'il a aussi des mauvais aspects. J'aimerai bien l'envoyer à tous ces parents qui exposent leurs enfants mineurs sur la toile afin qu'ils comprennent qu'ils privent leurs gosses de leur droit à la vie privée. Et je suis plus que contente de ne pas voir mes conneries d'enfants et les commentaires de ma famille sur mon comportement d'enfant de 10 ans. Au moins, j'ai encore des photos à montrer et des anecdotes à raconter pendant mes repas.

Le meilleur des mondes est aussi dans mon top 5. Il représente la pensée divergente, l'anticonformisme et le refus de se plier à des valeurs qui ne nous touchent pas. J'imagine qu'on est beaucoup à se sentir à part, à croire qu'on pense différemment. Bref, ce bouquin est à lire. Parce qu'il soulève beaucoup de questions.
Les proies : dans le harem de Kadhafi. Oui, c'est un peu étrange de mettre ce livre dans ce top 5 mais il regroupe tellement de choses. Premièrement, il dénonce les atrocités qu'on fait subir aux femmes. On n'en parle jamais assez, on ne dénonce jamais assez ces outrages et tant que la situation ne changera pas, croyez moi : des femmes et des hommes vous feront chier jusqu'à ce que la situation s'améliore. Ensuite, il aborde la thématique de la violence sexuelle et de la destruction des populations par le viol et la domination physique. Vaste sujet. Et enfin c'est le travail d'une journaliste que j'admire et qui est française. Nous avons d'excellents journalistes en France, qui font du très beau travail. Bref, ce livre est à lire car il vous force à voir la réalité en face. Et le lire c'est en partie accepter de voir le monde tel qu'il est. (et j'ajouterai que cela vous ouvre aussi les yeux sur la politique française et les sympathies bien particulières de certains de nos politiques avec les criminels)

Dernier livre et le choix a été vraiment dur. Mais il a fallu n'en prendre qu'un...Sex on the moon de Ben Mezrich. Un bouquin qui donne envie de croire en soi, l'histoire d'un mec qui a visé la lune, d'un type intelligent dans un univers fermé. Bref, dépaysant et vraiment incroyable. C'est tellement gros qu'on n'y croit pas. Et pourtant! Ma petite perle !

lundi 9 novembre 2015

Une vraie famille de Valentin Musso (octobre 2015)



L'avis d'Ondine


François Vasseur professeur d’université vit avec sa femme Mathilde galeriste dans une vieille ferme restaurée au fin fond de la campagne près de Quimperlé. Ils s’y sont installés depuis que François a survécu à une tuerie qui a eu lieu dans l’université où il enseignait.

Le couple est très isolé mais cela leur convient. De temps à autre, ils ont la visite de Le Bris, leur vieux voisin agriculteur, qui leur dépose soit des légumes soit leur courrier que le facteur met dans sa
boîte à lettres par erreur. François se rend toutes les semaines à Quimperlé chez sa kinésithérapeute Laurence pour ses séances de rééducation. Le mari de cette dernière est gendarme.

Un jour alors qu’il se rend en ville, François aperçoit sur le bord de la route un jeune homme qui sous la pluie battante porte une pancarte. A sa surprise, ce dernier ne fait pas de stop mais cherche à faire des travaux de bricolage ou autre. Les événements les font se rencontrer à nouveau et François Vasseur propose au jeune homme de travailler dans son jardin, sa haie a besoin d’une coupe et la pelouse d’être tondue.

Le jeune Ludovic accepte et malgré les craintes et le sentiment de méfiance des uns et des autres, se révèle être un très bon travailleur. Les Vasseur lui proposent même de s’installer dans l’annexe le temps qu’il finisse les travaux de rénovation de cette partie de leur ferme qui va être un logement pour accueillir Camille, la fille du couple qui vit en Angleterre avec sa famille.

François qui est à l’origine de l’embauche du jeune Ludovic devient suspicieux et se pose de plus en plus de questions sur le jeune homme. Une vieille tasse de collection disparaît. Il la retrouve dans les affaires du jeune homme. D’autres événements font qu’il est de moins en moins persuadé qu’ils avaient eu raison d’héberger le jeune homme le temps des travaux. De plus, François qui mène son enquête, découvre que Ludovic se nomme en réalité Bryan et qu’il a été mêlé à une histoire de viol en réunion dans sa région d’origine.

François Vasseur ne peut pas partager ses appréhensions avec sa femme Mathilde. Celle-ci s’est prise d’affection pour le jeune homme et semble l’intégrer sans aucune réticence à leur vie familiale. François ne se sent pas en sécurité même s’il doit reconnaître que le jeune homme travaille sérieusement et réhabilite le logement avec soin et compétence. Il craint que le jeune homme à l’issue des travaux ne veuille plus repartir.

Que va-t-il faire si cela devait arriver ? Arrivera-t-il à faire comprendre à son épouse que le jeune homme a un passé judiciaire et qu’ils ne sont pas en sécurité en sa compagnie ?

Mais est-ce vraiment Ludovic qui va faire basculer la situation et transformer leur vie en cauchemar ?
A quel moment cette vie de quiétude du couple Vasseur va-t-elle verser dans l’horreur et la déraison ?
Pour le savoir il faudra lire cet excellentissime thriller de Valentin Musso.

Une vraie famille est un roman que l’on ne lit pas mais que l’on dévore tellement il est angoissant, terrifiant et juste humainement réelle. Une histoire totalement improbable et à la fois si réaliste.

Un thriller fluide, diabolique avec un suspens insoutenable qui aborde avec une grande intelligence cet équilibre humain si fragile qui peut faire vaciller un être humain dans la folie.

J’ai lu ce roman en un après-midi car je ne suis pas arrivée à m’en défaire. Un vrai coup de cœur pour ce thriller. J’ai lu tous les livres de Valentin Musso et il fait parti de ces auteurs dont on aime les histoires et dont il me tarde déjà de lire le prochain roman. Il a une réelle identité littéraire et un univers qui lui est propre.

Pour ceux qui aiment les bons romans qui vous happent dès les premières lignes et que vous n’arrivez plus à lâcher, lisez Une vraie famille. C’est excellentissime. J‘ai adoré.

[374 pages / Seuil / 19,90 €]


Découvrez d'autres titres de l'auteur chroniqués sur ce blog (cliquez sur les couvertures)

 

dimanche 8 novembre 2015

Les enfants de l’eau noire de Joe R. Lansdale (septembre 2015)




L'avis d'Ondine


L’histoire se passe au Texas dans les années 1930. Sue Ellen, âgée de seize ans, grandit au sein d’une famille pauvre et sans avenir. Son père Don est un ivrogne et un paresseux. Sa mère dépressive et alcoolique s’abrutit de médicaments et passe ses journées au lit. Sue Ellen passe son temps auprès de ses amis, Terry, un garçon beau, débrouillard, qui refuse de reconnaître son homosexualité, Jinx, jeune noire qui sait depuis toujours ce que sa couleur de peau rend de différent dans son quotidien, et May Linn, une jeune fille au physique aguichant qui rêve de devenir une star à Hollywood.

Lors d’une sortie de pêche à la Sabine avec Don et son frère Tonton Gene, le corps de Mau Linn est repêché dans la Sabine, une rivière qui serpente jusqu’aux bayous de la Louisiane. Elle a été assassinée et son corps a été lestée avec une vieille machine à coudre et jetée dans la rivière. Sue Ellen et Terry sont très affectés par cette nouvelle et contre la volonté de Don alerte l’agent de police Sy Higgins. Malheureusement personne ne s’intéresse à la jeune victime et l’agent de police Sy Higgins ne mène aucune enquête pour connaître la vérité sur cette mort plus que suspecte.

La jeune May Linn sera enterrée au cimetière de la petite agglomération sans aucun cérémonial. Sue Ellen, Terry et Jinx ne comprennent pas pourquoi personne n’essaie de trouver le responsable de la mort de leur amie. Ils décident d’exaucer son vœu et projettent de déterrer son corps, de l’incinérer et d’emmener ses cendres à Hollywood, une façon pour eux de lui permettre de réaliser son rêve.

Mais les trois jeunes gens ne sont pas au bout de leur peine. Avant de quitter pour chacun d’entre eux un quotidien qui leur est stérile et sans intérêt, une vie sans aucun avenir, ils découvrent que May Linn avait un secret. Son frère cambrioleur de banque avait enterré son magot avant de mourir. Les voilà partit à la recherche de cet argent qui pourrait bien les aider dans leur projet de partir pour Hollywood. 

Arriveront-ils à trouver l’argent caché par le frère de May Linn, pourront-ils mener à terme leur projet insensé pour emmener les cendres de May Linn à Hollywood ?

Comment parviendront-ils à échapper au père de May Linn qui ne pense qu’à récupérer le magot volé par son fils décédé, à Don, à Tonton Gene et à l’agent Sy qui veulent eux aussi leur part du butin ?

Qui est ce Shunk, cet être qui pour certains est une chimère pour faire peur aux enfants et pour d’autres un vrai monstre humain qui aurait été lancé à leur poursuite.

Pourquoi la mère de Sue Ellen décide-t-elle de tout quitter et d’accompagner dans leur périple les trois jeunes gens ?

Les enfants de l’eau noire est un roman étonnant qui plonge le lecteur dans une histoire qui le happe dès les premières pages et l’entraîne dans un périple qui se devait à l’origine être une fuite vers Hollywood mais qui en réalité va se révéler être une vraie traque le long de la Sabine.

Joe R. Lansdale sait faire monter l’adrénaline et l’angoisse chez le lecteur en mode crescendo. Que de rebondissements, d’événements inattendus qui font que ce thriller est prenant et qu’on ne peut plus le lâcher jusqu’à la fin. Une écriture et une narration qui sont rythmées et qui donnent l’impression que l’on visionne un film à suspens. L’effet est garanti, les personnages sont authentiques et le scénario sans aucune lenteur ni temps mort. Un très bon thriller. Mais au-delà de cela, un regard juste et une approche très humaine qui aborde une société américaine qui est très loin du grand rêve américain.

Je remercie les éditions Denoël pour l'envoi de ce livre.

[368 pages / Denoël / 21,90 €]

jeudi 5 novembre 2015

Bilan livresque #37 octobre 2015



 

C'est assez incroyable de se dire qu'on a lu qu'un livre pendant un mois. Ondine a heureusement grandement contribué à la vie de ce blog en rédigeant 8 chroniques. Donc ce mois-ci, calcul assez simple : on vous a proposé 9 chroniques.

Comme vous pouvez le constater, le blog a changé de design. Il me semble que je n'y avais pas touché depuis plus de six mois, avant mon départ à l'étranger. Mais l'affichage ne me convenait plus et banalisait tous les billets.

J'ai longtemps hésité à revenir vers une interface plus sobre et classique du blog, où les billets s'affichent de façon chronologique. Mais je trouvais cela inconvenant pour La biblio de Gaby car la plupart des lecteurs ne lisent pas mon blog quotidiennement et se concentrent sur des titres qui leur parlent. 

J'ai donc favorisé l'idée de la page d'accueil qui répond à tous les besoins. Ceux qui veulent suivre le flux au quotidien n'auront qu'à cliquer sur blog et auront tous les billets, ceux qui se concentrent sur les chroniques verront les dernières publiées directement sur la page d'accueil et pourront approfondir leurs recherches dans le sommaire qui regroupe tous les livres chroniqués. Non, ce n'est pas par auteur, sinon on ne va pas s'en sortir, mais vous pouvez utiliser le moteur de recherche.

Revenons à nos moutons. Je vous parlais hier de l'absence de lecture VO, j'ai dorénavant pallié cela. J'ai lu Nos étoiles contraires et je ne suis pas tombée sous le charme. Et j'ai traîné Sur la route (la chronique est sortie) jusqu'à début novembre. Pour vous dire à quel point cela n'a pas été simple d'en venir à bout.

Le mois de novembre sera probablement plus prolifique, vu que j'ai un peu plus de temps. 

N'hésitez pas à me rejoindre dans mon club de lecture. Je compte vous proposer des titres issus principalement de ma PAL mais aussi des nouveautés.

Bises à tous et excellent mois de novembre!