lundi 2 novembre 2015

Sur la route (rouleau original) de Jack Kerouac (mars 1972)




L'avis de Gaby


Courbaturée car trop restée dans la voiture, j'ai traversé trois fois les Etats-Unis avec Jack Kerouac et son ami Neal. Autant vous dire que j'ai un peu la gueule de bois.

Qui n'a jamais entendu parler du livre Sur la route de Jack Kerouac, qui l'a rédigé sur un rouleau en 5 livres? Amatrice d'évasion, je me suis lancée dans cette lecture et l'ai traînée pendant près de deux mois. Tout au long de la lecture, j'avais la forte envie de fermer l'ouvrage et de l'abandonner. 

Ce qui m'en a empêché ? Le rythme du récit et le réalisme des personnalités. On arrive à visualiser de façon très concrète l'hyperactif et sanguin Neal, mais aussi le côté intellectuel de Jack.

Je ne sais pas comment me positionner sur ce roman. Autant j'ai aimé la vélocité de l'écriture, Jack m'emprisonnant dans certains moments pendant lesquels ils m'étaient impossible de lâcher le livre (notamment quand Neal était au volant). Autant Jack m'a épuisé à tant enchaîner les instants et les mots sans nous laisser respirer. Une lecture en apnée.

Rien dans ce récit n'est à première vue essentiel. On n'a pas forcément une étude de moeurs ni une grande vision de l'Amérique. Même si on partage quelques éléments comme l'émergence du bebop et la fin de la ségrégation. Jack Kerouac n'a tenu aucun propos désobligeants et racistes et montrait un grand intérêt pour la musique de son temps.

On suit juste une bande de jeunes, dont certains souffrent de quelques troubles, qui boivent beaucoup et semblent plus vouloir être en mouvement que faire du tourisme. Comme s'ils avaient un moteur dans la tête qui les empêchaient de se poser. Notamment Neal que je pensais au départ drogué mais qui se révèle juste barré et devant se soumettre à des pulsions internes. Il enchaîne les galères et les femmes avec une certaine franchise et couardise, comme un jeune ado ne réfléchissant pas aux conséquences. Assez pulsionnel, il effraie pourtant tout le monde excepté le romancier qui l'épaule et reste en retrait lorsque son ami met son quotidien sans dessus dessous.

J'ai apprécié la discrétion de Jack Kerouac qui se positionne comme témoin visuel et reste ouvert à tous les univers psychiques. On arrive à dessiner les facettes de sa personne grâce aux comportements de son entourage qui est parfois perdu face à sa bande d'amis.

Je ne peux pas cacher que j'ai quand même survoler une bonne partie du livre 4 (c'est à dire tout le périple au Mexique) car j'avais la sensation de n'apprendre rien de neuf, d'autant que je me fichais un peu de connaître Franck. J'ai trouvé ce récit un peu asphyxiant à la longue.

 En définitive, Sur la route est une lecture intéressante qui pourtant nous essouffle au fil des pages. L'histoire est usante et folle. Un livre vraiment hors norme, à l'image de ses personnages.

Pour info, Jack Kerouac a rédigé ce livre en un jet sur un rouleau de papier. Je précise que j'ai lu la traduction du rouleau original.

[436 pages / Folio / 8,50 €]



1 commentaire:

  1. Incroyable ! Je ne pensais pas du tout que ce livre était si particulier !

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