jeudi 17 décembre 2015

Ebola de David Quammen (septembre 2015)




L'avis de Gaby


L'an passé,  le virus Ebola avait été à deux doigts d'être qualifié de cause d'une pandémie par l'OMS. Rappelez-vous de ce virus foudroyant qui a causé la mort de milliers d'Africains en 2014. Entre psychose et trop de légèreté, nul ne savait se positionner. Comment un tel virus, ayant tué quelques milliers en comparaison de nombreux autres virus, pouvait à ce point effrayer? De nombreux scientifiques sont intervenus dans les médias, certains pays étaient déconseillés aux voyageurs, Ebola était partout.

Lorsque j'ai vu ce titre proposé sur Netgalley, ma curiosité a été titillée. Je n'avais pas compris énormément de choses sur ce virus. Peut-être était-il temps de résoudre cette ignorance. Me voilà donc plongée dans la lecture de cet essai, une enquête menée par le journaliste David Quammen, primé de nombreuses fois et également auteur du célèbre Spillover.

En deux mots : passionnant et éducatif. Ayant lu pas mal de livres "non-fiction" (une caractérisation anglophone que j'aime utiliser), je redoutais le cheminement laborieux de l'auteur. Certains ont un talent pour mettre des mots hors de portée et tirer des paragraphes, laissant tout amateur sur le tapis avant même qu'il n'ait eu le temps de dire "ouf". Ici, ce n'est pas le cas. Dès les premières lignes, on est surpris avec l'aisance de compréhension et on se retrouve absorbée par l'histoire.

Finalement Ebola, c'est quoi? Un virus passionnant et mystérieux. Un virus zoonose (qui passe de l'animal à l'être humain), qui vit et se développe dans un "réservoir naturel", dont la construction est sur une ligne de code et non deux (OK, ce n'est pas scientifique mais j'explique à ma manière), et donc forcée de muter pour mieux s'adapter à son "habitat". Imaginez : existant depuis peut-être les Origines (aucune date à vous donner), le virus a changé d'hôte et survit lorsque son porteur et lui arrivent à trouver un équilibre. A chaque changement de corps, le virus évolue. Seulement, ses hôtes côtoient un large environnement et parfois transfèrent Ebola à d'autres espèces. Et là, c'est un peu le drame : le virus doit se recomposer et le corps du porteur peut succomber à ses mutations trop violentes.

Saviez-vous que la première victime d'Ebola est le gorille? Le virus a décimé une grande partie de leur population. Comme c'est dans le domaine animalier, seuls les spécialistes s'en rendent compte.

Saviez-vous également que nous sommes tous porteurs de virus donnés par des "réservoirs naturels"? On survit car ils ont muté de telles façons qu'ils nous sont bénins. D'ailleurs les scientifiques aiment à parler d'opportunités. Les virus n'ont pas comme objectif de nous détruire, c'est simplement dû au hasard. 

Ce livre est un petit bijou de vulgarisation scientifique. L'auteur a rencontré des spécialistes et des témoins, il rapporte aussi les hypothèses émises et nous remet une chronologie de l'apparition du virus. Il explique les doutes émis par la population, mais aussi nous dévoile les dessous de la recherche, un monde quasi-inconnu pour moi.

Depuis que j'ai lu ce livre, je trouve Ebola passionnant. Le monde de la recherche est réellement fascinant. Et je parle en tant que lectrice lambda. Donc si vous aimez les sciences, foncez ! 

[224 pages / Grasset / 17 €]

2 commentaires:

  1. Je pense que le rapport entre virus et décès effectifs est à l'aune de tout ce que l'on croise un peu partout dans les gros titres des médias : foudroyance, types de victimes (empathie plus ou moins marquée suivant l'âge, la population, l'éloignement dans le monde), mais aussi ce que j'aurais envie de qualifier de "primeur" - il me semble que certaines choses soient plus visibles, plus vendues, on ne sait pas trop pourquoi, de manière un peu injuste, parce qu'un grand nom a décrété que c'était une grande cause, ou qu'un article a plus échauffé les foules qu'un autre. Enfin, c'est mon impression générale sans avoir lu ce livre. Je pense qu'il pourrait m'intéresser. Je repense aussi, toujours sur le thème de la pandémie, bien que traité de manière très différente peut-être, à ce très beau film que j'ai vu l'autre jour à la télévision, The Constant Gardener.

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  2. Intéressant en effet! Je lis aussi régulièrement des ouvrages qui ne relèvent pas de la fiction (politique, actualités...), et c'est souvent fort instructif.

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