mercredi 2 décembre 2015

The revolution of Ivy d'Amy Engel (novembre 2015)




L'avis de Gaby


Il y a peu, je vous chantais les louanges de The book of Ivy et vous vantais les mérites de l'ouvrage : un univers intéressant, des personnages sympathiques, une intrigue prometteuse. J'avais souligné les faiblesses qui, à mes yeux, pouvaient amoindrir la qualité de ce récit : un certain manque de profondeur et quelques éléments fondateurs qui semblaient fragiles, comme la résolution de la famille d'Ivy d'abattre celle de Bishop. Après lecture de The revolution of Ivy, mon avis a radicalement changé : restez-en au tome 1 ou ne vous lancez pas dans la série. L'auteure semble avoir totalement oublié les raisons d'exister de cette saga et a bâclé son travail.

On retrouve Ivy, seule et tentant de survivre après sa brusque expulsion de Westfall. Perdue et ne sachant que faire, elle avance, parce que, bon, elle n'a pas trop le choix. Sans famille et sans amis, trahie, il faut se reconstruire. Je vais tenter de préserver le contenu de ce roman pour ceux qui souhaitent le lire

Dans ce livre, on ne comprend pas bien où veut en venir l'auteure. Les péripéties semblent se créer au moment même de la rédaction comme si Amy Engel n'avait pas fait de plan de chapitre. Ivy, c'est un peu Martine sauf que c'est Ivy se fait attaquer, Ivy déprime, Ivy a des amis, Ivy apprend à utiliser un couteau.

L'auteure focalise sur des détails qui ne font pas avancer l'intrigue. Les conversations traînent et s'éternisent sans raison. Les jours s'allongent et les pages aussi alors qu'elle aurait pu condenser tout cela en quelques lignes ou ajouter de la complexité. 

Je ne lui reprochais pas ce manque de profondeur dans le premier tome car il nous laissait la possibilité de compenser avec notre imaginaire. Mais dans ce second volume, les éléments sont trop faibles. On remarque un manque cruel de vocabulaire avec, notamment, des répétitions. Je ne sais pas si cela est dû à la traduction ou pas, mais cela contribue à l'ennui de cette lecture.

Arrivée au deuxième tiers, j'ai survolé le livre. Les scènes de chasse et la scène d'anniversaire sont d'un certain non-sens. Et Amy Engel détruit le suspens en annonçant le changement à venir dans les lignes suivantes comme, par exemple, "La journée se déroule comme la plupart sans doute de celles à venir". Sachant que pendant plusieurs pages, elle a focalisé sur la relation Ivy-Bishop avec peu de subtilités et beaucoup-beaucoup trop- de détails superflus et inutiles (ils couchent ensemble? La belle affaire).

Le retour de Westfall n'est basé sur aucune motivation crédible ni solide, comme la fin du récit. La révolte n'est pas développée, les raisons ne sont pas exploitées. Le lecteur voit et c'est terminé. 

Enfin, je tiens à souligner l'étrangeté des propos de Bishop et Ivy, qui tuent de sang froid mais n'en sont pas choqués et arrivent à relativiser. Avec la superbe morale : abattons des hommes mais pas trop, que nous préservions un peu d'humanité quand même. Comment deux jeunes gens ont pu arriver à penser cela alors qu'ils vivent dans des univers plutôt confortables au regard de la situation qui les menace? "J'ai peut-être les mains sales mais mon âme reste pure" dira Ivy. Peu importe si c'est très morale ou pas, mais on est en droit de se demander comme une jeune fille en vient à penser cela suite à ce qu'elle a vécu. Une mégalomanie cachée peut-être.

Un second et dernier tome de faible qualité contrairement aux attentes suscitées lors de la lecture du tome 1. Je suis agacée car j'ai la sensation qu'Amy Engel a lâché l'univers et a rédigé son texte en se laissant porter par l'imagination du moment.

[321 pages / Lumen / 15 €]

2 commentaires:

  1. Merci. J'aurais tendance à dire : "Avis aux écrivains en herbe." D'une certaine manière, vous avez brossé un tableau de ce qu'il ne faut pas faire quand on écrit :-)

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    1. Oui, c'est à peu près cela. J'en viens à me dire que je l'ai terminé (ou presque) avec cette longue liste de défauts

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