vendredi 29 janvier 2016

Dans la peau d'un migrant d'Arthur Frayer-Laleix (octobre 2015)

Présentation de l'éditeur


L’immigration clandestine est un iceberg dont nous ne voyons que la partie émergée. Arthur Frayer a plongé sous la surface pour explorer cette mondialisation qui n’apparaît sur aucun de nos radars économiques. Comme pour sa précédente enquête, Dans la peau d’un maton, il a opté pour une méthode simple : se grimer en clandestin pour approcher les passeurs, les logeurs, les intermédiaires du trafic d’êtres humains, puis redevenir journaliste pour interroger policiers, magistrats, avocats, et vivre parmi les migrants.Son enquête l’a mené du Pakistan à la Turquie, des Balkans à l’Angleterre, dans les pays scandinaves… Il a voyagé dans le coffre de policiers bulgares, négocié avec des passeurs pachtounes, rencontré un trafiquant pakistanais qui faisait demi-tarif pour les enfants, arpenté les trottoirs d’Istanbul avec des travailleurs afghans, écumé les rues de Calais où les passeurs égyptiens ont éclipsé les Kurdes…
Il met au jour un univers qui n’appartient ni aux pays du Nord, ni à ceux du Sud. Un « cinquième monde » comme il existe un tiers-monde. Un monde qui nous reste invisible mais qui, par les conséquences économiques, sociales et politiques de son existence, concerne de très près chacun d'entre nous.



L'avis de Gaby


Je connais l'auteur pour sa célèbre enquête en immersion Dans la peau d'un maton. N'ayant pas encore eu la possibilité de me plonger dedans (Ondine a eu cette chance par contre), j'ai décidé de me rabattre sur son dernier ouvrage Dans la peau d'un migrant.


Intéressé par la question de la migration, Arthur Frayer-Laleix cherche à mieux comprendre le phénomène et appréhender le quotidien de ces hommes et femmes motivés à changer radicalement de vie en dépit du danger. Il va donc se rendre à Peshawar, en Turquie, dans les Balkans et rencontrer les principaux acteurs, tant du domaine de la sécurité que de la gestion des flux ou des migrants eux-mêmes.

Vivant récit, il apporte une approche supplémentaire des déplacements de population. Son contenu n'est pas révolutionnaire si on suit régulièrement l'actualité et les propos des principales figures mais le ton d'Arthur Frayer-Laleix est plaisant. Ainsi, on s'aperçoit que beaucoup de migrants ont une vision idéalisée de la vie en Europe, même si fondamentalement il y a plus de sécurité à vivre sans papier et à l'abri des bombes que de devoir subir la prison à vie ou les attentats à répétition.

A la lecture de ce livre, on comprend que les migrations ont toujours existé et que nul n'est en capacité d'empêcher un homme de tenter sa chance. Pour ainsi dire, il n'y a aucune solution au problème actuel, hormis de changer la donne de leur pays d'origine, que ce soit politiquement ou au niveau sécuritaire. Or, cela revient à toucher une matière sensible et complexe et surtout relative aux porte-feuilles des grands dirigeants de ce monde. Bref, vous avez compris que le serpent se mangeait la queue.

Ensuite, nul n'est forcé de rester chez lui puisque l'homme est itinérant de naissance. La sédentarisation amène le confort de vie, néanmoins, même l'Europe s'est forgée au gré des flux et des conflits. En fait, rien de nouveau sous le soleil.

En définitive, un livre qui s'adresse à tous ceux qui se sentent dépassés par la question des migrants. Il est abordable et humain. Arthur Frayer-Laleix a su identifier avec habileté les dangers et éviter le pire en connaissant ses limites, car oui, c'est un récit en immersion, rappelons-le.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Profitons de notre liberté d'expression