mardi 5 janvier 2016

L’ombre de Raphaël de Germain Paris (octobre 2015)




L'avis d'Ondine

Le Commissaire Lucas Guillobert vient d’être affecté à la brigade criminelle au Quai des Orfèvres à Paris. Il a une réputation de très bon flic qui le précède. Les membres de son équipe, surtout son plus proche collaborateur Dumoulin qui partage son bureau, sont dubitatifs car il passe son temps à philosopher sur un peu tous les sujets. Il semble avoir réponse à tout et surtout avoir une connaissance générale au-dessus de la moyenne.

Mais cette prise de contact des uns et des autres va être de courte durée, car ils sont appelés sur une scène de crime un peu particulière. L’épouse du Ministre de la Défense vient d’être tuée en pleine rue, de plusieurs balles, par un inconnu. Celui-ci est également mort, tué par un garde républicain qui était en faction à proximité du lieu de l’assassinat.

L’enquête semble difficile à mener dans la mesure où ils vont devoir enquêter sur la vie privée de Mme Boulin, la victime. Les choses vont d’ailleurs se compliquer quand ils vont découvrir que l’épouse du Ministre de la Défense participait à des parties fines dans un milieu sadomasochiste. De plus, le Ministre de la Défense en personne essaie de mettre la pression au Commissaire Lucas Guillobert mais ce dernier est difficilement impressionnable et comme à son habitude il mène son enquête comme il l’entend.

Mais le Commissaire Lucas Guillobert n’est pas au bout de ses surprises. Il croise dans le Commissariat, une dame d’un certain âge, ancienne prostituée qui vient le voir avec son fils, un reporter photographe réputé, pour lui faire savoir qu’elle reçoit depuis quelques temps des lettres étranges en latin. Elle craint que celles-ci soient malveillantes et annonciatrices de meurtres. Même s’il est sceptique quant au contenu de ces missives et aux propos alarmants de la vieille dame, il devra très vite se rendre à l’évidence que ces lettres prédisent effectivement des meurtres qui vont avoir lieu.

Le Commissaire Lucas Guillobert comprend qu’il a affaire à un tueur en série en sus de l’affaire de l’assassinat de la femme du Ministre de la Défense. L’enquête va les projeter dans un contexte politique faisant partie de l’histoire de France. Une période un peu sombre : la guerre d’Algérie.

Mais pour le Commissaire Guillobert et son équipe il va falloir être non seulement vigilants mais également connaître cette partie de l’histoire pour arriver à démêler le fil de cette macabre série de meurtres qui semblent ne pas vouloir s’arrêter.

Quel est ce mystérieux personnage qui semble vouloir se venger d’un passé obscur et qui sème des cadavres ? Quel est son lien avec l’épouse du Ministre de la Défense et les événements de la guerre d’Algérie et pourquoi ces lettres sont-elles adressées à Louise, la vieille prostituée ? Il faudra la persévérance, la finesse d’esprit, les investigations et surtout les connaissances du Commissaire Lucas Guillobert pour arriver à trouver des réponses à toutes ces énigmes.

L’ombre de Raphaël est un roman policier dense, intéressant, à rebondissements, avec des personnages truculents et authentiques. Un très bon roman policier où le suspens et les rebondissements sont présents jusqu’à la chute de l’histoire qui est totalement inattendue.

Les histoires de vie des différents protagonistes s’entremêlent sans qu’il n’y ait réellement de raisons légitimes à cela et pourtant… J’ai adoré ce roman qui est plutôt d’écriture classique mais dont l’auteur a cette faculté de raconter son histoire qui est non seulement étonnante mais très intéressante de par le sujet. En plus, on prend un réel plaisir à le lire car il nous fait sourire, nous apprend des choses, nous fait rencontrer des personnages divers, entiers, cabossés par une vie souvent douloureuse.

Je ne connaissais pas du tout l’auteur mais je dois reconnaître qu’il a un réel talent de narrateur. Un vraie intrigue policière digne de ce nom. Un coup de cœur pour moi pour son originalité et une très belle découverte. A lire ou à découvrir.

[390 pages / La Bourdonnaye / 21 €]

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Profitons de notre liberté d'expression