lundi 22 février 2016

Du sexe féminin de Karine Tuil


L'avis de Gaby

Acheté chez un bouquiniste, Du sexe féminin m'était totalement inconnue. Séduite par la quatrième de couverture qui annonçait une histoire drôle, je me suis empressée de l'acheter, pensant peut-être trouver une pépite.

La mère d'Emma Blum  n'a de cesses d'interpeller sa fille, trentenaire et éditrice de romans érotiques, su sa situation matrimoniale. Célibataire et maîtresse d'un ami d'enfance marié, la jeune femme ne colle pas tout à fait aux prétentions de cette mère juive qui considère que la consécration du sexe féminin se réalise par le mariage. Emma pourrait endurer les remontrances pendant encore un certain temps lorsque, soudain, sa mère est hospitalisée et se voit recommander de vivre avec une auxiliaire. La vieille femme insiste pour avoir sa fille auprès d'elle. Un supplice pour Emma...

Le roman est une sorte de vaudeville, dans lesquelles les fantasmes de la mère se confrontent à ceux de la fille. Les secrets et l'intimité des deux femmes se heurteront de façon caricaturale lors de leur colocation, suscitant gêne et sourire, notamment lorsque la fille découvrira que sa mère a aussi une sexualité. Un sujet délicat à aborder.

Du sexe féminin est une oeuvre légère et sans prétention, qui m'a laissée de marbre. Le récit propose une idée de l'amour assez triste, puisque les thématiques évoquées sont l'emprise (de la femme à son mari pour la veuve, du mari à sa femme pour le fils et de la fille à sa mère pour Emma), et une image très négative du mariage où tout individu semble au final finir assez malheureux dans sa situation (femme battue, mère soumise, mari qui trompe...).

Le façonnement du récit offre un beau retournement de situation en seconde partie. Pas de quoi, pour moi, me laisser un souvenir impérissable. Il m'a donné une violente envie d'en terminer rapidement la lecture pour passer à autre chose.


Présentation de l'éditeur


A trente ans, Emma Blum, la narratrice, est déchirée entre ses désirs d'indépendance, sa liaison avec un homme marié et les aspirations de sa mère qui rêve d'un mariage et d'une vie plus conventionnels pour sa fille. Quant à son frère, Paul, qui réside à New York, il a fui l'autorité maternelle pour se placer sous celle d'un psychanalyste. Une alerte cardiaque chez leur mère ramène Emma et Paul au domicile familial. Dans ce huis-clos, les langues se délient, les masques tombent. Emma et Paul tentent de se libérer du joug maternel. En vain. Pressions et chantage viendront à bout de leur résistance.

Sur les thèmes de l'amour maternel, de la dépendance et de la difficulté d'aimer, Karine Tuil, trente ans, a écrit un roman tragi-comique, dominé par une ironie cinglante, un sens du burlesque et un ton désabusé qui ont fait le succès de Pour le pire et Interdit.

2 commentaires:

  1. Outch, ça ne donne pas vraiment envie... surtout qu'avec un titre pareil, on s'attendrait plutôt à rencontrer des personnages féminins assez libres...

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    1. Oui, et c'est tout le contraire. Ce n'est pas un mauvais livre. Son contenu n'était pas à mon goût

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