mardi 23 février 2016

J'étais garde du corps d'Hitler (1940-1945) de Rochus Misch


L'avis de Gaby


Grande amatrice de biographies et de témoignages, lorsque j'ai découvert l'existence du livre J'étais garde du corps d'Hitler (1940-1945) de Rochus Misch (témoignage recueilli par Nicolas Bourcier, journaliste à Le Monde), je le voulais absolument. Connaître sa vie m'a intriguée, et surtout savoir qu'il avait survécu pour en parler alors qu'il faisait partie de l'environnement proche du dictateur m'a stupéfaite (depuis la lecture des notices biographiques en fin de cette ouvrage, je suis maintenant blasée...)

Rochus Misch ne s'est jamais intéressé à la politique. Il n'a jamais été curieux. C'est probablement sa docilité et son manque d'intérêt pour tout qui lui ont permis d'avoir sa place dans la garde rapprochée d'Hitler. 

Gamin, il perd ses parents et grandit à la campagne avec son frère qui meurt jeune. Enfant facile, il est apprécié de sa famille qui l'enverra dans une petite ville de Saxe pour y devenir apprenti, au désespoir de son professeur qui l'incitait à poursuivre des études. Tout au long du livre, Rochus Misch se présente comme un homme qui fait bien son travail mais se laisse porter par les événements, le profil type du bon petit soldat. Par un concours de circonstances (en accompagnant un pote motivé), il signe pour entrer dans l'armée. 

A travers son expérience, on découvre la vie personnelle d'Hitler et l'ambiance qui régnait autour de lui. On apprend avec surprise que le dictateur, confiant, n'était pas tellement protégé. Intelligent, il souffrait probablement d'insomnie et vivait constamment entouré de quatre docteurs. J'ai lu récemment qu'il consommait des drogues régulièrement, ce qui pourrait expliquer certaines choses.

Rochus Misch a vécu au coeur même du système et semble pourtant le moins informé de la guerre. Est-il honnête? Ou cherche-t-il à cacher certaines choses, voire à diminuer son implication? J'ai été surprise par son incapacité à se souvenir de certains éléments bien qu'il ait une bonne mémoire pour les dates ou les événements. Mais certains faits doivent marquer plus que d'autres...

D'un autre côté, ne pas connaître les horreurs de la guerre ne surprend pas. On sait tous que les donneurs d'ordre sont toujours les moins sensibles au détail puisqu'ils se concentrent sur la logistique et la mise en application de leurs directives sans prendre connaissance du concret des opérations. Le sang, l'horreur, la douleur, ils y sont hermétiques car peur confrontés. Donc les camps étaient pour ces gens un "détail" comparé aux opérations militaires. [dans un genre différent, la réforme du travail d'El Khomri serait une autre illustration de ces décideurs totalement inconscients des réalités de la population...]

Si vous aimez les récits sur la Seconde Guerre mondiale et que l'intimité d'Hitler vous rend curieux, cet ouvrage comblera vos attentes.


"L'atmosphère des jours suivants devint de plus en plus étrange. L'angoisse s'ajoutait à la peur. Comment quitter cet espace opressant ? Et comment sortir vivant de ce funeste bunker en se gardant bien d'afficher le pressentiment du désastre ? Les questions taraudaient visiblement beaucoup de monde, en silence. Les pensionnaires passaient devant mon bureau d'un pas rapide, la mine contrite et le regard ailleurs. Hitler, lui, m'apparut exténué, en proie certainement à une agitation interne phénoménale, il parvenait pourtant à garder la plupart du temps son sang-froid."

Présentation de l'éditeur

Rochus Misch a été le garde du corps d'Adolph Hitler. Quelque cinq années, de 1940 à 1945, passées nuit et jour auprès du dictateur nazi. De la chancellerie berlinoise aux appartements privés, du nid d'aigle de Berchtesgaden à la " Tanière du loup " en Prusse orientale et au QG ukrainien, Rochus Misch a suivi le Führer jusqu'à la fin du IIIème Reich. Il a été le premier témoin des petites et grandes heures des dirigeants nazis et de leurs compagnes, dont Eva Braun. Dernier soldat allemand à quitter le bunker après le suicide d'Hitler, il s'est installé à Berlin après neuf années de captivité en URSS. Il a choisi de raconter son parcours dans l'Allemagne tourmentée d'avant-guerre et sa vie quotidienne avec celui qui fut le principal instigateur du conflit le plus meurtrier de l'Histoire.

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