mercredi 3 février 2016

La Rebelle, femme médecin au Moyen Âge de Valeria Montaldi (août 2013)



"La Rebelle est une bonne porte d'entrée dans les romans historiques." Gaby

     

Présentation de l'éditeur

Au Moyen Age, sous le règne de Saint Louis, Caterina exerce la médecine à Paris, à l'Hôtel-Dieu. Lorsqu'elle tombe enceinte, elle découvre trop tard que son amant est déjà marié et décide d'assumer seule son destin. A l'époque où la dissection des cadavres est interdite par l'Eglise, le groupe clandestin dont faisait partie la jeune femme est dénoncé, et ses confrères masculins n'hésitent pas à lui faire porter l'entière responsabilité du délit. Abandonnée par tous, Caterina parvient à s'enfuir en Italie où elle reprend son travail dans un nouvel hôpital. Mais l'obscurantisme de l'époque la contraint à mener chaque jour une lutte épuisante contre la jalousie et la misogynie de ses collègues.

L'avis de Gaby

En balade à Lille, j'ai découvert ce titre en me rendant au Furet du Nord. Le contexte du roman et sa portée féministe m'ont convaincue de l'acheter. Intéressée par les sciences, je désirais savoir comment une femme pouvait vivre une passion pour la médecine au Moyen Âge et si elle devait le pratiquer en secret.

Caterina est une femme déterminée et droite. Milanaise, elle n'a pas hésité à se rendre à l'université de Montpellier pour apprendre les enseignements, sachant qu'il y avait peu de chance qu'elle les mette en pratique. A cette époque, les parents ne confiaient pas leurs filles à des professeurs. Pas assez de moyens, ni de temps, ce n'était pas dans les moeurs. D'ailleurs, au mieux, elles finissaient sage-femmes.

On sait finalement peu de choses de Caterina. Comment en est-elle venue à étudier les sciences et quelle lutte familiale elle a du mener pour le faire, cela relève du mystère. L'auteure revient peu sur son passé. On devine le soutien de son père et son fort tempérament. On comprend qu'elle n'a pas la vingtaine puisque cette profession requiert beaucoup d'années d'apprentissage.

A Paris, Caterina possède une clientèle assez aisée. Elle est soutenue par son ancien professeur et amant Rolando. L'homme possède un cercle d'amis précieux et l'aide à faire carrière. Caterina est une femme remarquablement libre pour son époque : elle est médecin et amante, et à l'abri des rumeurs. Néanmoins, elle s'interroge : est-elle arrivée à être médecin grâce à ses capacités ou uniquement grâce au soutien des hommes? Est-elle considérée dans son travail?

Ce roman est intéressant à différents niveaux. On découvre le niveau de la médecine en 1254 et les pratiques en cours, ainsi que les barrières hissées au nom de la foi, comme l'interdiction de la dissection. Lecteurs, nous demeurons externes au récit, témoins parfois des états d'âmes des différents protagonistes qui se confient avec discrétion. 

Grâce à Caterina, on découvre aussi une galerie de personnages : la cour, les aristocrates, les artisans, le clergé et la population. Plonger dans l'ambiance est intéressant pour quiconque connaît peu de choses de cette époque. Le récit est très accessible, la plume de l'auteure se révélant factuelle et simple. Il aborde de nombreux aspects comme l'homosexualité, le progrès, les relations extraconjugales. 

Néanmoins, La Rebelle ne m'a pas non plus passionnée. Je l'ai lu, trouvant la forme et le fond agréables mais sans cachet. Il n'y a pas réellement d'intrigues et tout demeure assez calme. On suit juste la vie croisée de différentes personnes de cette époque dont les destins se rejoignent. Je m'attendais plus de profondeur et d'engagement, m'étant imaginée qu'on assisterait à des opérations médicales clandestines, à quelques drames et à de la défiance populaire.

Un roman historique assez simple et au contenu qui sort un peu de l'ordinaire. La Rebelle est une bonne porte d'entrée dans les romans historiques.

4 commentaires:

  1. Il est dans ma pal. Merci pour cet avis :-)

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    1. De rien :) Bonne lecture de ce roman !

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  2. J'ai eu un peu le même ressenti que toi: un roman très intéressant mais pas non plus passionnant, j'ai trouvé que ça manquait un peu de chaleur dans le récit!

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    1. Oui, le contenu était assez pauvre en couleurs émotionnelles. C'est bien dommage !

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