jeudi 25 février 2016

Le bleu entre le ciel et la mer de Susan Abulhawa





L'avis d'Ondine

L’histoire qui se passe en Palestine nous raconte la vie de la famille Baraka de 1947 à nos jours. C’est surtout en accompagnant Nazmiyeh, la fille aînée de la famille à travers toutes ces années passées en Palestine que le lecteur s’immerge dans la réalité de la vie quotidienne de Gaza.

Sa mère âgée, élève seule ses trois enfants dans sa maison à Beit Daras, un petit village palestinien. Nazmiyeh, l’aînée des enfants s’occupe de sa mère qui est connue pour être un peu dérangée. Elle entendrait des esprits. Son frère Mamdouh travaille dans les ruchers d’un apiculteur du village. Leur petite sœur, Mariam, aux yeux vairons, passe ses journées avec crayons et cahiers près de la rivière
et apprend à écrire avec son ami imaginaire Khaled. 

Nazmiyeh est une jeune femme délurée et qui a beaucoup de caractère. Elle épousera Atiyé, un jeune homme pour qui elle a un profond amour et qui sera l’homme de sa vie. Malheureusement ce petit bonheur simple et si précieux volera en éclats.

Le village de Beit Daras est attaqué par des soldats juifs en 1948 et en mai de la même année, malgré la résistance acharnée des habitants, le village fut décimé et envahit par l’ennemi. Les rescapés fuirent avec leurs familles à Gaza.

Nazmiyeh vécut de très violents et douloureux moments lors de cette fuite et sa petite sœur Mariam fut tuée sous ses yeux. Avec son mari, la famille de celui-ci et les habitants qui sont arrivés à échapper au massacre, Nazmiyeh recommença une vie autre à Gaza, dans un contexte de vie difficile, réprimée mais où la solidarité, l’affection des uns pour les autres, le sens de la famille et l’amour de cette terre palestinienne leur permet de survivre et de dépasser les difficultés de vie.

Nazmiyeh aura onze fils et une fille, la cadette, celle qu’elle espérait à chacun de ses accouchements. Son frère Mamdouh est partie avec sa femme, la fille de l’apiculteur, au Koweït puis aux Etats-Unis. Elle ne reverra jamais son frère Mamdouh, lui qui espérait, plus que tout, revenir à Gaza accompagné par son unique petite fille Nour. 

Mais le destin est parfois étrange car Nour viendra en Palestine par amour pour un médecin palestinien. Elle se plongera dans une vie locale qui lui semble familière et qui lui rappelle tant les récits de son grand-père. Arrivera-t-elle à retrouver la famille Baraka et reprendre ainsi sa place au sein de la famille Baraka ? Saura-t-elle se réconcilier avec son histoire familiale et faire les choix que lui imposent son cœur ? Il faudra lire cet excellent roman pour le savoir.

Le bleu entre le ciel et la mer de Susan Abulhawa n’est pas un roman qui se raconte mais un livre qui se lit, qui se dévore, qui nous accroche et qu’on ne peut plus lâcher. Il faut le lire.

La réalité du conflit entre Israël et la Palestine n’y est pas traité sur un plan politique et comme un conflit dont nous relatent les journalistes. Non, le conflit est raconté dans une réalité de vie de personnes qui doivent quotidiennement vivre avec cela. Ce livre ne verse absolument pas dans le pathos. C’est un très beau roman rempli de souffrance, d’amour, de courage, de gravité et de dignité avec un amour indéfectible pour cette terre qui se nomme la Palestine et pour leur origine.

Un très beau livre, des personnages attachants, une histoire qui nous confronte à une approche plus réaliste de la vie des Palestiniens. Quand on lit ce livre, le lecteur passe par d’innombrables sensations. Mais on y découvre de réels moments de bonheur simple et précieux à la
fois. Une petite merveille à découvrir.

(Je remercie les Editions Denoël pour m’avoir permis de lire ce roman d’exception)

Partenariat

Présentation de l'éditeur

1947. La famille Baraka vit à Beit Daras, village paisible de Palestine entouré d'oliveraies. Nazmiyeh, la fille aînée, s'occupe de leur mère, une veuve passant ses journées à errer et sujette à d'étranges crises de démence, tandis que son frère Mamdouh s'occupe des abeilles du village. Mariam, leur jeune soeur aux magnifiques yeux vairons, passe ses journées à écrire en compagnie de son ami imaginaire. Lorsque les troupes israéliennes se regroupent aux abords du village, personne n'imagine un seul instant la terreur qui est sur le point de les frapper. Très vite, Beit Daras est mis à feu et à sang, et la famille doit prendre la route, au milieu de la fumée et des cendres, pour rejoindre Gaza. Ce voyage les poussera au bout de leurs limites. Seize ans plus tard, Nur, la petite-fille de Mamdouh, s'est installée aux Etats-Unis. Elle tombe amoureuse d'un homme marié, un médecin qui travaille en Palestine, et elle le suit à Gaza. Elle y rencontre Alwan, la mère d'un petit garçon prisonnier de son propre corps, incapable de sortir de son profond sommeil. Grâce à cette femme, Nur découvrira que les liens du sang peuvent surpasser la distance - et même la mort. Le Bleu entre le ciel et la mer est une histoire de femmes, une histoire de déracinement, de séparation et de peines de coeur ; une histoire de famille, de renouveau, de persévérance et d'amour. Avec ce conte d'une beauté bouleversante, empreint d'humanité à l'état pur, Susan Abulhawa montre l'histoire de la Palestine sous un nouveau jour.

4 commentaires:

  1. Réponses
    1. A découvrir un très beau roman.
      Ondine

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  2. Ce roman semble beaucoup plaire. Je ne l'avais finalement pas retenu. Le sujet m'intèressait mais je craignais que l'histoire d'amour prenne trop de place. J'ai peut-être eu tort. Je le note pour plus tard

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    Réponses
    1. L'histoire du livre ne se limite pas à une histoire d'amour. C'est l'histoire d'une famille qui vit à Gaza avec les difficultés et la réalité de leur quotidien.
      Une autre façon de comprendre peut-être ce que l'on n'apprend pas forcément dans les journaux ou les infos. Une histoire d'êtres humains qui essaient de vivre sur leurs terres quoiqu'il arrive.
      Un très beau roman.
      Ondine

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