lundi 29 février 2016

Les âmes et les enfants d’abord d'Isabelle Desesquelles



L'avis d'Ondine


A Venise alors qu’elle est en vacances et qu’elle fait visiter cette magnifique ville à son jeune fils, cette jeune femme, maman, croise furtivement une autre femme. Celle-ci accroupie à terre en un tas informe, tend la main pour quémander l’aumône. La jeune mère surprise et marquée par cette mendiante n’arrivera jamais réellement à l’oublier. La jeune femme se rend compte que cette mendiante est une personne qui n’est en réalité personne pour aucun d’entre nous dans une grande indifférence humaine.

Avec Les âmes et les enfants d’abord, l’auteure Isabelle Desesquelles plonge son lecteur dans un roman intimiste, qui pose les vraies réalités des comportements des êtres humains envers d’autres êtres humains beaucoup moins gâtés par la vie.

Un livre si juste, si pertinent et à la fois écrit avec tellement de poésie et de délicatesse. Un roman à lire par nous tous car nous avons tous une part de nous-mêmes dans ce livre que ce soit dans les réflexions, les justifications, nos comportements et tout cela pour ne pas trop se sentir coupable d’avoir une meilleure vie que ceux que nous côtoyons de plus en plus et qui sont dans une profonde misère. Ceux que nous préférons ignorer par peur, par défiance, par ignorance. Ceux que chacun d’entre nous croisent mais à qui nous n’accordons ni pièce, ni regard…

Un merveilleux roman qui se lit avec bonheur car même si le sujet traité est quelque peu dérangeant pour chaque lecteur, car on s’y reconnaît à un moment ou à un autre, c’est tellement vrai. Il fallait oser une telle analyse sur nous les humains et Isabelle Desesquelles a osé. Aucune revendication, aucune remise en cause, juste une analyse comportementale dans ce monde si hermétique et individualiste.

Un petit roman de 105 pages mais quel roman, un petit bijou. Un de ces rares livres que je vais garder comme livre de chevet pour m’y replonger de temps à autre afin de ne pas me perdre.

A lire ou à découvrir car c’est non seulement un très beau roman mais on parle de nous et des autres.

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Présentation de l'éditeur

A Venise, une femme rencontre celle qui n'a plus de corps, plus de face : la mendiante. Son âme engloutie par quelque chose de plus noir encore que les eaux de la Sérénissime : l'indifférence. L'une tient la main d'un enfant, l'autre tend la sienne vers un ciel aveugle. Il y a celle debout ; il y a celle à genoux. Immobiles toutes deux. La misère est à exacte hauteur des enfants. On vit avec. Avant même qu'ils ne sachent lire et écrire, ce que nous offrons à ceux que nous élevons, c'est la pauvreté à hauteur de leurs yeux. A bonne hauteur... elle ne le sera jamais. Le chemin de l'école redevient une cour des miracles que pas un enfant ne devrait traverser. Pour grandir, il lui faudra d'abord regarder le malheur dans les yeux. Tout comme ses parents, il s'y habituera vite, et arrivera le moment où la misère le dépassera. Elle est où l'humanité ? L'inhumanité est sous nos fenêtres, on peut ne pas la regarder en face, elle vous saute à la gueule. La vérité que contiennent ces 110 pages, vous la croisez à chaque coin de rue. Un récit que l'on lit d'une traite, un bijou qui brille de feux sombres. Il vous happe et c'est une force qui nous entoure. Elle est là l'humanité.

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