mardi 23 février 2016

Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra


L'avis de Gaby


Ce week-end, j'ai lu mon premier livre écrit par Yasmina Khadra. J'entends tellement parler de cet auteur comme un incontournable qu'il me fallait découvrir son univers. Les hirondelles de Kaboul m'a permis d'en voir une facette.

On suit deux couples vivant à Kaboul, en Afghanistan, sous le régime taliban. Atiq, un moudjahid reconverti en geôlier, souffre de voir sa femme Mussarat dépérir. Elle l'a soignée par le passé, et il souffre de son quotidien, déjà peu joyeux. Amer, il est agressif. Son entourage lui recommande de la répudier pour prendre une meilleure...

Mohsen, quant à lui, a le vague à l'âme. Heureux avec sa femme Zunaira, il a tout perdu sous le régime taliban et pendant la guerre avec les communistes. Zunaira, féministe et ancienne étudiante en droit, souffre de voir sa liberté brisée. Elle s'enferme... Et va perdre goût à la vie lorsqu'elle s'apercevra que le dernier lien avec la vie, son mari, ne se révèle être qu'un homme comme les autres...

Les hirondelles de Kaboul parle du quotidien des habitants de Kaboul et des petites haines qui se forgent au cours du temps. La violence entraînant la violence, plus personne n'a de respect pour l'autre, chacun tente de sauver sa peau. La femme, déjà sous-être, n'a plus rien, n'est qu'un objet, moins bien traité qu'un chien. Pourtant, il y a l'amour. Mais un amour injuste, dégradant, car les hommes n'ont pas appris à aimer et sont formatés par l'environnement et les liens entre individus que leur imposent les talibans.

J'ai apprécié cette immersion dans cet univers sombre qui apporte une vision de la vie plus réfléchie. Les hommes ne sont pas des connards de source, mais dans un tel environnement comment vivre autrement? 

Je regrette la vision des femmes qui existent, cette considération uniquement pour les belles femmes. Une moche et malade finit dans la rue. C'est cruel mais réel. J'aurai pu en vouloir à l'auteur de nous présenter cette facette de l'histoire. Ici ce n'est pas le cas. La première lecture pourrait vous laisser cette idée, mais le travail derrière et les idées ne sont pas aussi simplistes.

Un bon livre introductif et informatif sur Kaboul. Une belle plume. Allez-y en toute confiance.

"Vivre, c'est d'abord se tenir prêt à recevoir le ciel sur la tête. Si tu pars du principe que l'existence n'est qu'une épreuve, tu es équipé pour gérer ses peines et ses surprises. Si tu persistes à attendre d'elle ce qu'elle ne peut te donner, c'est la preuve que tu n'as rien compris. Prends les choses comme elles viennent, n'en fais pas un drame ni un plat ; ce n'est pas toi qui mènes ta barque, mais le cours de ton destin."

Afficher l'image d'origine Présentation de l'éditeur

Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...

2 commentaires:

  1. Je l'ai dans ma Pal, dédicacé par l'auteur au Salon du livre de Paris il y a deux ans, il faut que je le lise car j'ai beaucoup aimé les deux romans que j'ai déjà lus de lui (Ce que le jour doit à la nuit et L'attentat).

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    1. Quelle chance :) Tu ne verras pas le temps passé avec ce livre. Je ne sais pas si c'est une caractéristique de l'auteur, mais une fois fermé le livre j'ai pensé "Autant de bruit pour ça" avant de me dire que c'était bien malin de procéder ainsi.

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