dimanche 21 février 2016

Trilogie new-yorkaise de Paul Auster




L'avis de Gaby


Trilogie new-Yorkaise m'a été offert par Ondine deux ou trois années auparavant. Depuis longtemps, j'avais émis le souhait de découvrir Paul Auster et il me semblait que le plus judicieux était ce titre. J'ai donc proposé à mes lecteurs de le découvrir dans le cadre du club de lecture. Verdict ? Un très bon roman mais certainement pas le meilleur ouvrage pour découvrir l'auteur.

Trilogie new-yorkaise se décompose en trois parties, comme l'indique son nom : Cité de verre, Revenants, La chambre dérobée. Et ces trois histoires indépendantes n'en forment en réalité qu'une, s'interprètent avec différents niveaux de lecture. Sans vous en dévoiler les intrigues, elles partagent certains éléments communs. Ainsi, on a un gratte-papier ou écrivain désabusé qui vit par procuration et endosse le rôle de détective ou policier par le coup du sort.

La plume d'Auster est... austère (bam, le jeu de mots). L'écriture est classique et soignée, le piment n'est donc pas l'action ou la rythmique mais l'oeuvre dans sa globalité. Paul Auster nous surprend avec des anecdotes littéraires ou sur New-York et des analyses d'oeuvres fictives qu'il a construite avec soin. Ses réflexions sont poussées et censées. Il ne joue pas avec les mots, les maniant avec dextérité.

Paul Auster s'étend sur des éléments assez anecdotiques, déformant l'espace temps. Les minutes prennent des heures et les années se transforment en secondes, il désarçonne. Un jeu avec le lecteur se met en place, en orientant l'intrigue sur l'observateur qui passe du possesseur du livre au rapporteur.

Il place des éléments caractéristiques du thriller, s'amusant à nous plonger dans l'incertitude, nous complexifiant la tâche en trompant les gens sur les identités et en mettant en scène des personnages qui sont assez instables à ce niveau. Dans l'une des nouvelles, il va même donner des couleurs comme dénominations, à nous de retenir les identités aux consonances assez similaires (Bleu, Blanc...)

L'oeuvre est vraiment intéressante et complexe, particulièrement lorsque c'est la première lecture d'un titre de Paul Auster. En effet, sans dénigrer le contenu dont je chante les qualités de la forme et du fond, Trilogie New-Yorkaise est difficile à apprécier quand on est néo-lecteur de l'auteur.

Paul Auster a glissé dans ses intrigues beaucoup d'éléments de sa vie privée et des références sur son parcours personnel. Or, lorsqu'on ne le connaît pas, quelle difficulté de les identifier sans s'appuyer sur l'analyse jointe en fin d'ouvrage dans le poche édité par Actes Sud ! On a l'impression d'être face à un vitrine pleine de mets alléchants et savoureux dont on n'aurait pas moyen d'y accéder. Quelle frustration ! De plus, Marc Chénétier vante les mérites de L'invention de la solitude et révèle toutes les références littéraires faîtes par Paul Auster. Un drame supplémentaire pour la lectrice que je suis qui n'a pas ces connaissances et semble dans l'incapacité de décoder l'ouvrage.

L'ouvrage se révèle une belle démonstration des talents de Paul Auster pour le lecteur de passage, mais qui est susceptible de le faire se détourner de l'ensemble de son oeuvre par manque d'éléments d'appréciation. En conclusion : ne passez pas votre chemin mais lisez d'autres livres de lui avant celui-ci !

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Présentation de l'éditeur


Cette aventure qui démarre comme un thriller se poursuit sur le mode de la quête métaphysique. La ville de New York, illimitée, insaisissable, lieu privilégié des rencontres aléatoires, est le gigantesque échiquier sur lequel Paul Auster dispose ses pions pour parler de dépossession.

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