mercredi 16 mars 2016

Io sto con la sposa : la virée d'une bande d'amis réfugiés en Suède sous couvert d'un mariage





L'avis de Gaby

En visite chez Ondine, qui vit à Nice, j'ai eu la chance de me rendre à une journée du cinéma italien, organisé à l'espace Magnan. Concernée par l'immigration, j'ai assisté à la projection de Io sto con la sposa, un documentaire réalisé par Antonio Augugliaro, Gabriele Del Grande et Khaled Soliman Al Nassiry.

Une bande d'amis, dont un journaliste, décide d'amener un groupe de Palestiniens et de Syriens en Suède. Leur couverture : un faux cortège nuptial. Au départ de Milan, ils comptent traverser 5 frontières pour réaliser leur projet et atteindre Stockholm.

Toutes les séquences du film semblent avoir été captées par des caméras embarquées. Le dispositif donne de la force au message voulu par le réalisateur puisque le spectateur est dans l'action et ressent l'émotion des protagonistes tout au long du documentaire, s'interrogeant sur la bonne réussite du défi.

Mon enthousiasme pour ce film est réel, je l'ai trouvé captivant. Tout au long de l'histoire, passionnante, on assiste aux confessions des protagonistes qui partagent leurs anecdotes de parcours. On ressent particulièrement le côté humain, la fragilité des êtres face à la machine en place, leurs peurs, les difficultés traversées. Certains discours semblaient répondre directement aux propos légers de certains lorsqu'on discute de la thématique des migrants.

Io sto con la sposa signifie "je suis avec la mariée", a ainsi expliqué Daniel Delministro (acteur qui interpréta le rôle du passeur) lors du débat qui suivit la projection. Il est question ici de prendre position, la nécessité d'agir en accord avec ses convictions. Daniel Delministro a insisté sur l'appellation donnée aux migrants : plus que des réfugiés et des demandeurs d'asile, ils sont des survivants. Ils ont parcouru une bonne partie de la terre pour trouver un endroit sécurisé.

Daniel Delministro a également souligné la nécessité d'ouvrir les frontières, rejetant tout idée d'invasion. Lorsque la Roumanie a intégré l'espace Shenghen, expliqua-t-il, tous les Italiens craignaient que les Roumains débarquent chez eux. Or le phénomène s'est inversé : les Roumains sont en plus petit nombre. Pourquoi un tel phénomène, analyse-t-il? Car les Roumains ne sont pas forcés de rester à un endroit. Ils retournent chez eux pour travailler lorsqu'ils ne trouvent pas d'emploi en Italie.

Enfin, a-t-il conclu, il a défendu le bienfait d'accorder des visas légaux aux migrants afin de les protéger du trafic. Actuellement le passage d'un individu coûte 6 000 euros, un prix qui risque de le mener à la mort. Tenter de le sauver avec des garde-côtes ou des dispositifs coûte également très cher. Il serait plus simple de leur permettre de venir en avion, permettant de venir sans enrichir des passeurs, et avec cet argent de participer à la société en louant une maison et en travaillant.

Film programmé jusqu'au samedi 16 mars à l'espace Magnan de Nice.

1 commentaire:

  1. Comme j'ai eu l'occasion de voir cet excellentisme film je conseille également à un maximum de personnes qui aiment le cinéma italien, intelligent qui osent aborder sans partie pris des thèmes de société d'actualité d'aller voir ce film.
    De l'émotion, du réalisme, un autre regard sur la réalité des motivations des migrants et surtout de beaux personnages. Un film tourné tel un reportage mais qui vous laisse sur un sentiment mitigé quant aux réponses que notre société apporte aux problèmes de l'immigration.
    A voir un très beau et bon film
    Ondine

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