dimanche 13 mars 2016

Mon chat Yugoslavia de Pajtim Statovci




L'avis d'Ondine


L’histoire qui est racontée se passe en 1980 en Yougoslavie dans la région du Kosovo. Emine , une jeune fille qui a grandi auprès de sa famille dans la campagne, va épouser Bajram. Elle l’a rencontré une fois mais elle est sous le charme.

Le mariage s’organise en respect de la tradition de leur communauté. Emine pense vivre un rêve éveillé. Mais dès le retour vers son nouveau foyer, la jeune femme sait que Bajram n’est pas le prince charmant qu’elle espérait. Ils iront vivre à Pristina et auront cinq enfants : deux garçons et trois filles. Emine est la parfaite épouse. Elle s’occupe de ses enfants, de son mari et de leur quotidien tandis que Bajram travaille pour le Ministère de l’éducation.

Malheureusement pour eux, Milosevic arriva au pouvoir. La tension entre les communautés serbe et albanaise se transformèrent en troubles puis en violences ethniques. Les Albanais sont écartés de tous les postes qu’ils occupaient. Lorsque la guerre éclate en Bosnie, Bajram organise le départ de sa famille pour la Finlande. Ils vont s’installer à Helsinki.

Bajram est persuadé que leur vie sera meilleure pour eux comme pour leurs enfants. Malheureusement cela n’est pas aussi simple. Ils arrivent dans un pays qui même s’il les accueille, continuera à les considérer comme des étrangers. Ils n’ont pas la même culture, les mêmes critères de vie et ne parlent pas le Finlandais ni même l’anglais. Grâce à l’école, les cinq enfants vont arriver à s’intégrer mais pour Bajram rien ne se fera comme il espérait. Aucun poste de travail n’est accessible pour lui au Ministère de l’éducation. De plus, il continue à vouloir imposer ses croyances et sa vision éducative pour ses enfants et il perd son emploi. 

Mon chat Yugoslavia est l’histoire d’une famille qui se réfugie en Finlande pour échapper au pire. Cette histoire nous est racontée par le plus jeune des fils, Berkim, qui est étudiant à Helsinki et homosexuel. Il ne raconte pas seulement sa difficulté à trouver ses repères en Finlande comme au Kosovo, passant d’un pays à l’autre, le temps de petits séjours, mais cette difficulté de vivre car l’histoire familiale a posé une telle empreinte qu’il a du mal à trouver sa place.

Pajtim Statovci nous raconte Berkim, Emine, Bajram, tous enfermés dans leurs convictions, l’âme écartelée entre deux pays qui leur sont si précieux et en même temps si difficiles à intégrer totalement. Mon chat Yugoslavia peut surprendre par sa façon narrative particulière. En le lisant, on a l’impression de lire un conte car il y a quelque chose à la fois de totalement irréel, abstrait, magique, détonnant et aussi de grave et tragique dans ce roman.

Un très beau livre qui une fois refermé vous laisse ce mélange de tristesse et d’étonnement.
A découvrir.

-Partenariat

Présentation de l'éditeur


Dans la Yougoslavie des années 1980, en pleine campagne kosovare, une jeune fille est mariée à un garçon qu'elle connaît à peine. Emine fait de son mieux pour être une bonne épouse, mais la vie ne lui apporte qu'une série de déceptions. Elle donne naissance à quatre enfants. Lorsque la guerre éclate, la famille d'Emine décide de fuir et choisit la Finlande comme destination de l'exil. Dans ce pays froid où les étrangers sont supposés accepter avec gratitude la place qu'on leur offre dans la société, leur intégration se passe mal et le quotidien d'Emine se dégrade. De nos jours, Bekim est étudiant à Helsinki. Il fait beaucoup d'efforts pour s'intégrer à la société finlandaise dans laquelle il a grandi, tout en essayant d'assumer son homosexualité. Un jour, il rencontre un "chat" dans un bar gay, qui va très vite dominer ses nuits et son esprit, avant de se révéler être une nouvelle déception amoureuse. Bekim décide alors de partir en voyage jusqu'à ses racines, au Kosovo, où le cruel destin de sa famille a commencé. Mon chat Yugoslavia est un roman saisissant, loufoque et inoubliable, écrit par un petit génie de la littérature finlandaise âgé de vingt-quatre ans, qui nous emporte des contrées kosovares aux rues d'Helsinki avec une voix à nulle autre pareille.

2 commentaires:

  1. Je n'avais pas entendu parler de ce livre, mais cette chronique me donne bien envie de le découvrir.

    RépondreSupprimer
  2. Un livre surprenant à découvrir.
    Bonne lecture à toi.
    Ondine

    RépondreSupprimer

Profitons de notre liberté d'expression