lundi 4 avril 2016

Le jour des ours volants de Evelina Santangelo


L'avis d'Ondine

Jon Scripcaru est arrivé en Sicile dans un bateau de migrants. Il fuyait son pays suite à la guerre des Balkans. Il est tout seul. Sa grand-mère, son père et sa mère ont été assassinés et leur village a été totalement détruit par les envahisseurs. 

Il vit à l’écart dans un dépôt désaffecté à l’extérieur de la ville sicilienne. Il travaille sur des chantiers pour gagner tant bien que mal sa vie à la force de ses bras et de sa volonté de survivre. Il passe son temps à aller au marché de la ville pour ramasser les restes de fruits, légumes, viandes, poissons abandonnés par les commerçants dans les poubelles ou dans des cagettes à l’abandon.

Jon a un secret. Il partage sa vie avec un ours Youri qu’il essaie de dresser comme il l’a vu faire dans son enfance par les tziganes. Mais les commerçants ne sont pas dupes et veulent savoir pour qui Jon récupère autant de restes. Il leur avouera la vérité : il a un ours qu’il dresse pour qu’il puisse faire un spectacle sur un vélo. Entre stupéfaction, étonnement et scepticisme, les commerçants vont l’aider
à nourrir son compagnon d’infortune.

Mais si Jon Scripcaru commence à être un tant soit peu intégré dans la petite communauté, il ne semble pas aussi facile pour lui de trouver réellement sa place auprès de celle-ci. Il se lie avec quelques personnes qui semblent l’apprécier mais Jon Scripcaru ne veut rien devoir aux autres. Sa vie est certes difficile et très solitaire mais il veut rester debout et digne comme le lui ont appris les siens.

Le jour des ours volants est un roman étrange, poétique et à la fois nostalgique. L’auteure raconte la vie de Jon Scripcaru, un mélange de vie d’enfance heureuse, cruelle et traumatisante qui l’oblige à fuir vers cette nouvelle vie où il essaie de survivre dans une communauté qui certes l’accueille et lui permet de travailler mais qui ne peut pas réellement l’aider à faire le deuil de son passé et des siens.

Un roman qui entraîne le lecteur dans une histoire qui se lit comme un conte, un savant mélange de rêve, d’irréalité et de réalisme. Un très beau livre qui laisse le lecteur avec une sensation bizarre qui l’a projeté hors du temps.

Présentation de l'éditeur

Jon Scripcaru a fui la guerre des Balkans et vit tant bien que mal dans une ville qui pourrait être Palerme. Malgré son quotidien précaire, il conserve un motif de dignité et d’espoir peu banal : son ours, qu’il a appris à dresser chez les Tziganes. Le jeune homme se donne pour défi de lui apprendre à monter à bicyclette. Pour cela, il faudra que naisse une solidarité avec les gens de la ville, plutôt méfiants devant cet étranger, un de plus, qui a trouvé refuge chez eux. Une entreprise assez folle entrecoupée par l’évocation de son passé et de ce qui l’a amené à ce présent en terre étrangère, seul, en survie… Pudique, poignant, ciselé, un roman qui flirte avec la fable et le reportage de guerre, transposant en fiction le réel le plus cru et le rêve le plus improbable.

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