samedi 13 août 2016

Northanger abbey de Jane Austen

Northanger Abbey - Jane Austen - 10/18 - La Biblio de Gaby

Northanger Abbey de Jane Austen - La biblio de Gaby -Chronique - Roman - Classique


La biblio de Gaby

Certaines envies soudaines apparaissent quand on sort d'une période d'activité intense et stressante. Dans mon cas, Jane Austen m'est apparu comme l'auteure adéquate au changement d'idées. J'avais envie d'une romance avec des personnages à la personnalité forte. Northanger abbey fut l'élu sans que je m'en explique la raison. Et l'aventure s'est révélée très belle.

Catherine Morland est une jeune fille de 17 ans, assez imparfaite mais aimante. Elle vit entourée de ses soeurs et frères et éduquée par sa mère qui souhaite en faire une bonne épouse. Seulement la gaucherie et l'activité de Catherine ne lui permet pas de rendre des travaux propres. Un jour, les Allen, un couple d'amis proches de la famille, propose d'emmener la demoiselle avec eux pendant leur séjour dans une station thermale. Elle pourra ainsi découvrir un monde distingué et faire ses premiers pas dans la société. Marché conclu.

Arrivée à Bath, elle accompagnera Miss Allen dans les mondanités. Tournera un peu en rond et fera enfin quelques rencontres. Henry, un jeune homme mystérieux et aux discours piquants la laissera peu indifférente. Jessica, jeune femme attachante et bavarde, deviendra sa grande amie. Les intrigues vont pouvoir commencer...

Afin de ne pas gâcher l'effet de surprise, je me garde de vous en dire plus. La force de ce roman est encore une fois l'analyse fine de la société par son auteure Jane Austen ainsi que l'évolution de son personnage principale, Catherine. C'est, actuellement, l'un de mes personnages préférés parmi les autres protagonistes découverts dans les autres romans. 

Ainsi Elisabeth, dans Orgueil et préjugés, était la jeune femme complète : intelligente, maître d'elle-même, assurée avec une bonne répartie. Assez homogène dans ses capacités, elle était la fleur parmi les ronces. Dans Emma, nous avions une personne tout aussi intelligente. Bien née mais très émotive et impulsive. Elle réagissait à l'affect. Dans Northanger abbey, nous avons un personnage intelligent mais ignorant. Catherine n'a pas baigné dans un univers de connaissances et n'a pas cherché à en savoir plus. Elle est maladroite mais dégourdie, et sait réfléchir. Ce sont donc trois personnalités distinctes dans des environnement différent : pour Elisabeth, il était question de richesse, pour Emma, d'environnement, et pour Catherine, de mentalité.

Catherine montre une évolution assez stupéfiante dans le récit. Etant totalement ingénue des règles de la société, elle n'imagine pas l'aspect calculateur des relations. Elle a un code moral assez prononcé et lorsqu'elle prend des décisions, elle s'appuie sur des éléments qu'elle connaît, et en analysant le contexte. Faute d'avoir le savoir nécessaire, elle se fait berner. Ces subtilités dans l'assimilation de l'environnement, dans la prise de décision et dans le déroulement de l'intrigue en font une oeuvre ciselée avec une certaine finesse. La prestation des personnages est travaillée, calculée. On est soumis à ce que chacun veut bien nous présenter, pressentant avant Catherine car possédant les codes bien avant qu'elle ne s'y forme.

Catherine est d'ailleurs loin d'être formatée puisqu'elle se laisse mener par son imaginaire, notamment lors de la seconde partie du récit. C'est assez typiquement caractéristique des personnes naïves et ayant peu de savoirs, dans ce contexte, puisqu'elle discerne difficilement la différence entre la littérature et la réalité, se laissant porter par ses sentiments et ses analyses (qui, rappelons-le, manquent de nourriture en début de récit). -Pour l'anecdote, je vous avais dit récemment ne plus vouloir lire de récit d'apprentissage, j'y replonge à chaque fois...

Dans la forme, le récit est assez statique. Les environnements sont peu variés, et évoquent un certain ennui. On a l'impression que les jours se ressemblent et sont uniquement rythmés par les rencontres et les surprises issus de la sphère sociale. Heureusement, Catherine se passionne pour les livres, ce qui l'amène à se nourrir à côté. Cela doit être bien agaçant de vivre dans un tel milieu sans distraction intellectuelle..

Dans son ouvrage, Jane Austen prendra aussi position pour défendre les romans, considérés comme de la petite littérature honteuse. Cette évocation m'a fait sourire car, encore à notre époque, certains genres sont considérés comme honteux à lire et certaines personnes avancent qu'il faut assumer ses lectures. Le débat demeure donc d'actualité. A chacun son opinion.

J'aurai aimé vous présenter une critique plus aboutie mais la règle d'or veut que ce blog incite à plonger dans les ouvrages sans vous voler l'effet de surprise. Mais si toutefois vous désirez des avis plus aboutis, dîtes-le moi en commentaire. En définitive, je ne peux donc que vous inciter à vous fier à mon avis et à déguster ce petit bijou.


Présentation de l'éditeur

Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n'a rien d'une héroïne, c'est que Jane Austen s'amuse ! Et nous emporte, d'une plume malicieuse, d'un bout à l'autre du plus moderne des romans austeniens.

1 commentaire:

  1. C'est le deuxième Austen que je lisais après O&P, et je continue à beaucoup aimer cet auteure alors que c'est un type de romans après lequel je ne cours pas du tout (pas d'éléments épiques ou fantastiques, vie quotidienne...). Mais elle me fait beaucoup rire et ses héroïnes sont attachantes.

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