jeudi 20 octobre 2016

Zoo city de Lauren Beukes

La biblio de Gaby

Rédigée par Lauren Beukes, auteure sud-africaine, l'histoire de Zoo city nous emmène dans un environnement brut et violent, peu adapté aux âmes tendres. Zinki, ancienne junkie et journaliste, porte le poids de sa culpabilité en la métaphore d'un paresseux, une sorte de familier assez semblable à ceux existant dans l'univers de La boussole d'or. La jeune femme vit dans un quartier de Johannesburg, dans lequel est concentré la population la plus dangereuse et marginale. Elle survit en trompant le monde pour payer sa liberté. Jusqu'au jour où on lui propose de participer à un grand coup pour définitivement être libre.

Couverture, titre et résumé ne pouvaient pas être plus aguicheurs. Peu familière de fantasy et de fantastique, mon envie était de m'immerger dans d'autres mondes. L'univers de Zoo City m'a retournée. Malaise et désir d'en venir à bout m'ont tourmentée tout au long de ma lecture, au point que je me suis promise de ne plus lire aucun livre de cette auteur tellement ce thriller est dur dans sa psychologie, son environnement et son intrigue.

Sous la plume de Lauren Beukes, l'histoire happe le lecteur, lui colle une sorte de poussière issue de la pollution environnante bien grasse, lui fait découvrir des âmes noires et torturées. L'univers de Zinki, c'est la débrouille, la pénitence, la survie. Rien ne brille, tout peu basculer dans le pire. Un roman qui m'en a fait baver par son intensité, sa profondeur, et cette lecture immersive.

Comme dans Les liaisons dangereuses dont je vous ai parlé un peu plus tôt, la complexité des âmes, les desseins des individus, mais aussi le poids de leur culpabilité pèsent sur leur lecteur. A travers les pages, j'avais l'impression de plonger toujours plus loin dans un milieu de détresse, sans sentimentalisme ni délicatesse. Tout est nu, rude, dur, écorché.  Comme voir l'âme d'un être humain sans rideau, ouvert totalement, qu'on pourrait explorer dans sa crudité et en détail, remonter tous les vaisseaux de ses inclinations et les observer avec une netteté absolue.

Une lecture rude, qui me fout une boule à la gorge quand j'y pense. Et dont le récit est génial par son atypisme et sa marginalité, à l'image de ses personnages. Un roman complètement barré par certains aspects, piétinant sans vergogne l'idée du familier mignon que l'on serait tenté d'imaginer. Une expérience à vivre pour comprendre. Ne me remerciez pas si vous franchissez le pas. Je ne vous en voudrais pas.

Certaines choses perdues ne peuvent pas être retrouvées. Comme la jeunesse, par exemple. Ou l'innocence. Ou (navrée pour vous, madame Luditsky) la valeur de l'immobilier une fois que les taudis ont commencé à déborder. Les bagues, en revanche, c'est facile. Comme les clés, les lettres d'amour, les jouets préférés. les photographies égarées et les testaments manquants. J'ai même retrouvé une chambre perdue, une fois. Mais, j'aime m'en tenir aux choses simples, aux petits objets. Après tout, le dernier truc conséquent que j'aie trouvé était une vilaine accoutumance à la came. Et voyez ce que ça a donné.

Présentation de l'éditeur


Ancienne journaliste et ex-junkie, Zinzi habite Zoo City, un quartier de Johannesburg peuplé de marginaux et de criminels qui se sont vus attribuer la charge d'un animal symbiotique. Si l'animal meurt, son propriétaire aussi. 
" Animalée " après la mort de son frère, Zinzi est affublée d'un paresseux qu'elle porte sur son dos. Elle vit désormais de petites arnaques et recherche ce ou ceux que les gens ont perdu(s). Elle est exceptionnellement douée pour cela. 
Justement, une célèbre pop star s'est volatilisée. Zinzi espère tenir là son billet de sortie de Zoo City. Mais elle devra pour cela s'enfoncer plus encore dans les bas-fonds du ghetto...

5 commentaires:

  1. Oh, j'adore l'idée ! Ca pourrait carrément me plaire :) Je note le titre. Merci pour la découverte !!!

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  2. Il est dans ma PAL depuis à peu près 2 ans, peut-être que la sortie en poche serait l'occasion de me le procurer... En tout cas, tu as été plutôt enthousiaste, donc ça réveille mon envie de le lire.

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    1. Et figure toi que j'ai acheté un autre livre de cette auteure alors que je sais pertinemment à quoi m'attendre ^^ Donc oui, c'est à découvrir (selon moi) !

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  3. Une amie m'en avait parlé de ce livre, et en lisant ton avis ça me conforte dans le fait qu'il faut que je le lise, la noirceur dystopique dans un monde où l'on perd ses repères c'est tout ce que j'adore !

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