jeudi 3 novembre 2016

Épisode 1 : La trentaine et salariée, je reprends des études

Les études m'ont toujours laissé un goût d'inachevé, une certaine insatisfaction. Cette année, à mon retour d'un voyage plutôt long à l'étranger, et suite aux péripéties pour retrouver un poste, un nouveau défi s'est imposé dans mon esprit. L'idée ne serait pas survenue si je n'avais pas décroché un CDD d'un an dans mon secteur professionnel, sur un lieu de travail qui ne m'épanouit pas pleinement intellectuellement.

Pendant plusieurs semaines, pour faire taire les états d'âme de mon insatisfaction chronique, j'ai fureté sur Internet afin de trouver une formation qui m'aiderait à m'ouvrir des horizons professionnels. Prendre des cours du soir étaient impossible avec ma profession actuelle qui requiert ma présence au moins 10 heures pas jour (pour un salaire de misère mais c'est un CDD d'un an, je ronge mon frein). Un parcours LMD était inenvisageable par l'implication demandée. Mon choix s'est tout naturellement porté sur le DU.

Le DU est un diplôme universitaire qui n'a de valeur que dans l'établissement qui le propose. Dans certains cas, cela permet d'emmagasiner des crédits ECTS, pour aménager ou améliorer le parcours étudiant en cours. La plupart du temps, il spécialise l'élève dans un domaine précis. Il est souvent considéré dans un bonus sur un parcours professionnel.

Restait à choisir le domaine. Depuis quelques temps déjà, la science se rappelait à moi, l'univers dans sa splendeur. A défaut de pouvoir voyager pendant un an, le ciel pouvait m'offrir toutes les grandes échappées dont j'avais besoin, pensais-je. En évoquant l'idée avec un proche, celui-ci m'a incité à sauter le pas en faisant le premier. Me voilà donc inscrite à un DU qui nécessite d'avoir de bonnes bases (niveau bac S) en mathématiques et physique. Un challenge supplémentaire que je suis forcée de relever au moins pour moi, si ce n'est pour les quelques centaines d'euros investis :)

Concrètement, que cela va-t-il m'apporter ? Déjà, j'espère retrouver un peu de confiance et d'estime en ma personne. Car je me trouve profondément stupide et lente, c'est un combat bien personnel. Ensuite, j'espère pouvoir m'enrichir et m'ouvrir à d'autres horizons. Enfin, je souhaite ne plus avoir peur de la difficulté et des chiffres. 

Évidemment, je suis consciente de ma "chance". J'ai la trentaine, sans enfant, célibataire. Nous n'avons ni tous les moyens de réaliser un tel défi, ni le temps. Quoiqu'il en soit, je suis donc dorénavant salariée en CDD ET étudiante. Seulement, je suis consciente qu'il ne faut pas crier victoire trop tôt. Le véritable challenge est d'obtenir ce fameux diplôme en fin d'année.

Je vais donc me lancer dans une petite série de billets pour vous évoquer l'aménagement de mon quotidien, mes difficultés, mes réussites. Lorsque je me suis jetée dedans, j'ai vraiment peiné à trouver d'autres personnes dans ma situation avec qui évoquer ce sujet. Peut-être donnerais-je à certains le courage de s'y mettre.

mercredi 2 novembre 2016

Le soldat fantôme de Jean-Guy Soumy

L'avis de Gaby

La romance et la guerre sont deux thématiques traitées avec parcimonie sur le blog. Si vous êtes fidèle à La biblio de Gaby, il n'y a aucune surprise : nous en parlons peu. Dans Le soldat fantôme de Jean-Guy Soumy, j'ai été séduite par le mystère entourant Steven, et l'existence de ce 23e régiment, armée fantôme dont la mission démarra en Normandie en juin 1944 pour se terminer près du Rhin en mars 1945. En toute franchise, si l'histoire m'avait été vendue de façon plus romanesque, je ne me serai pas résolue à la lire.

> Plus d'informations : The Ghost Army

Nous suivons en alternance les ressentis de Hannah, Berlinoise non aryenne, et Steven, soldat d'un régiment spécial dont l'objectif est de leurrer l'ennemi. 

Le récit alterne leurs points de vue, des années 1944 à 45, sans que les deux êtres ne se rencontrent. A mes yeux, la "grande histoire d'amour" est survendue et sert surtout la narration de l'Histoire. En effet, le couple ne se réunira qu'en fin de récit, à quelques chapitres de la fin. Et pourtant c'est grâce à leur liaison que Jean-Guy Soumy créé une tension lors du lancement de son récit, dans un phrasé sensible et délicat. Une écriture travaillée, parfois imagée, bien loin des récits sobres que j'ai pu découvrir ces dernières semaines.

Entre ces deux êtres, des points communs : comme la disparition d'une mère, morte à la couche pour l'une, en fuite pour l'autre ; mais aussi une sensibilité et un goût pour les arts. Deux êtres fragiles mais endurcis et tenaces, qui luttent pour leur vie et refusent de se laisser abattre ou de mettre aux enchères leurs principes moraux. Deux humains qui se ressemblent et dont l'amour ne peut qu'être de mille nuances.

Découvrir cette guerre d'un autre genre m'a captivée. Une facette méconnue et de génie qui mériterait d'être plus souvent mise en lumière. Bien peu de textes abordent ce 23e régiment fait d'artistes dont le rôle est de tromper l'ennemi. Ce roman vaut d'être lu en partie pour cette raison. Ainsi que pour l'émotion de la fin.

Je ne me serai jamais contentée d'une romance entre un soldat lambda et une demoiselle allemande. Les recherches de l'auteur et l'univers qu'il a su retranscrire ont maintenu mon intérêt pour ce récit. Sans cela, on aurait peut-être basculé dans le roman à l'eau de rose.

En conclusion, mon enthousiasme a été conquis par la partie historique mais il m'a manqué cette tension, née dans le prologue et qui n'a pas survécu les pages suivantes. La fébrilité, l'action, le vif, le piment, sont perceptiblement en retrait dans ce récit. Enfin, Hannah et Steven auraient mérité d'être un peu plus contrastés dans leurs émotions et leur expériences.

Charles vient des studios Disney. Il est l’un des pionniers du procédé d’enregistrement multipiste. Il a décidé que son expertise dans la sonorisation des dessins animés serait utile à la constitution d’une sonothèque de guerre.
— Je constitue un stock de bruits : chenilles d’un Sherman sur une route asphaltée, ou pierreuse. Ou encore boueuse. Changement de vitesse au moment du franchissement d’un obstacle. Rassemblement d’une centaine de chars dans une clairière. Batterie de DCA en action. Ambiance d’un campement, le jour, la nuit. Selon qu’il neige, vente ou pleuve, car les sons ne se propagent pas de la même manière…
Ted l’a interrompu :
— Et alors ?
Charles nous a dévisagés.— La guerre Walt Disney… Nous menons la guerre Walt Disney, les amis. C’est Fantasia chez les Krauts.
-Partenariat





Présentation de l'éditeur

Elle est allemande, il est américain. Dans quelques semaines, la guerre sera finie... Qu'en sera-t-il alors de leur amour ? 
Mars 1945. Les Alliés marchent sur Berlin. En leur sein, le 23e régiment, inconnu de tous – et pour cause : composé de scénaristes, comédiens, techniciens du cinéma, sa mission est de leurrer les troupes d'Hitler en donnant l'illusion qu'à sa place manoeuvre une immense armée. Steven est l'un de ces soldats " Cecil B. DeMille " dont les opérations permettront de sauver trente mille vies.
Hanna, elle, fuit Berlin. Francophile passionnée, armée de son seul vélo, elle veut rejoindre Paris. Après des semaines de traversée d'une Allemagne en pleine débâcle, elle arrive dans un village au bord du Rhin – là où est stationné Steven.
Entre eux c'est l'amour fou, immédiat, absolu. Mais qu'est-ce qu'un amour fondé dès l'origine sur un terrible mensonge, puisque Steven, soldat fantôme, ne peut révéler à Hanna qui il est réellement ?



mardi 1 novembre 2016

Un blogueur est-il un journaliste? Comment dynamiser ma chronique littéraire ? Et autres questions


Blogueuse littéraire sur La biblio de Gaby, j'ai décidé de répondre à certaines questions que je me suis posée et dont certaines réponses sont encore en sursis. L'idée m'est venue de partager avec vous mes petites trouvailles sur le blogging littéraire et la rédaction d'une chronique. J'espère que le contenu vous plaira !
> Un blogueur vaut-il un journaliste ?
Vaste discussion. Sans opposer la valeur des deux acteurs, l'un est libre de rédiger en fonction de ses émotions, affinités ou influences de toutes sortes. Le second se doit de présenter un contenu travaillé, cohérent et justifié. Le propre du journaliste est de ne pas relayer d'hypothèse ou d'avis basés uniquement sur l'opinion, mais de s'appuyer sur des propos de personnalités ou des références d'origine fiables.
Donc oui les deux se valent mais la finalité n'est pas la même. En conclusion, à la question "Qu'avez-vous pensé du livre?" Le premier répond "J'ai aimé ce livre parce que", le second "Le livre est à considérer parce que". Nous notons bien la différence de fonction de ces avis.

> Faut-il faire des fiches de lecture ?
C'est propre à chacun, aux lectures et à vos objectifs. Si la chronique se résume à donner une opinion ou un sentiment, le travail est plus léger qu'en cas d'analyse de texte. Déterminez en fonction de vos lecture le moyen employé. Pour ma part, j'agis à l'instant et selon mes envies, et en fonction du temps que je peux accorder au blog. Lorsque je lis pour la détente, je me force rarement à prendre des notes de lecture. 

> Comment dynamiser ma chronique ?
Le secret, les verbes d'action. Oubliez le verbe être, devoir, falloir. Voici un exemple (basé sur un extrait d'un de mes textes). N'hésitez pas à relire, reformuler et surtout chasser le verbe être.

-Hannah est une jeune juive, qui vit en Pologne. A sept ans, elle s'est prise d'affection pour Taddeuz, un polonais catholique. Un jour, des cavaliers viennent décimer son village. La jeune femme perdra des membres de sa famille et subira une trahison. Pourtant, elle ne se détournera jamais de Taddeuz, en dépit de sa couardise d'enfance.

-Hannah, jeune juive polonaise, s'est prise d'affection pour le catholique Taddeuz. A la suite de la destruction de son village par des cavaliers, elle perd sa famille et subit une trahison. Pourtant, en dépit de la couardise du jeune homme, jamais elle ne se détournera de lui.
 
> Comment chasser les fautes d'orthographe ?
Voici l'arme secrète : scribens.fr. Le site ne voit pas toutes les fautes mais en supprime beaucoup. Utilisez-le en complément de votre œil vigilant et acéré. Accessoirement, soyez curieux. Un doute? Google est votre ami pour vous informer des règles grammaticales en vigueur.

> Je blogue souvent mais j'ai peu de retour et de visites, suis-je nul(le)?
Non, rassurez-vous. Par son immensité, Internet laisse la place à tout le monde et donc divise votre potentiel de visibilité en fonction des autres chroniqueurs. Ne considérez pas que votre talent se résume aux retours. Sachez que les commentaires laissés sur un blog sont rares, de façon générale. Les personnes interagissent lorsqu'ils ressentent un lien de proximité ou une aversion pour une personne. Tout simplement. Vous mêmes, vous laissez très rarement une marque de votre passage, avouez-le ;)

> Comment organiser mon blog ?
Débutez par le plus simple, et développez votre blog en fonction de vos envies. Une bonne habitude à prendre : actualiser régulièrement le sommaire de son blog ou laisser bien en vue les archives. Si vous faîtes partie de ces gens qui inspectent les bibliothèques des autres, sachez que vous n'êtes pas le seul. C'est aussi un bon élément pour un internaute de déterminer si vos lectures sont en phase avec les siennes.
Ensuite, n'hésitez pas à vous inspirer de ce qui est réalisé sur le net, tout en cherchant des tutoriels pour mettre en forme vos idées. Cela prend un certain temps, et vous allez certainement mettre régulièrement le design à jour et développer de nouvelles rubriques, juste avant de comprendre que la base, ce sont vos chroniques. Le reste n'est que superflu !

> Comment font les autres pour produire / lire / être sollicités autant ?
Un conseil : ne prenez pas les autres comme une référence. Beaucoup sont du métier du livre et donc liront forcément plus que vous, tout en étant plus courtisés par les maisons d'édition. Ils ont été formés à transmettre et ils en vivent. Ensuite, une autre partie est parent au foyer, ou à temps partiel ou bénéficient d'horaires aménagés. Il y en a un certain nombre, vous en faîtes peut être partie. Sachez que nul ne vous jugera de ne pas alimenter votre blog tous les quatre matins, de même que vous pouvez tout aussi bien être démarché sans produire au quotidien. L'idéal c'est de trouver votre rythme et de ne pas faire de votre blog une priorité. La vie est bien plus belle en la vivant que face à un écran. Donc prenez du recul, soufflez un bon coup, et bonne aventure du blog :) C'est à vous d'écrire votre propre histoire !

> Comment recevoir des partenariats ?
Vaste débat. Certaines maisons d'édition le font à la roulette russe, d'autres ont leur lot de lecteurs sélectionnés, enfin quelques unes acceptent les demandes. C'est vraiment au cas par cas. Un seul conseil : ne vous laissez pas trop dépasser et apprenez à sélectionner vos lectures. Je pars du principe qu'on ne risque rien à faire une demande, c'est du ressort de la maison d'édition de déterminer si un envoi sera réalisé. Feel free to be you ! Et si je ne suis pas contre la sollicitation, je rejoins les autres blogueurs : c'est toujours plus plaisant d'être courtisé. Même s'il faut s'armer de patience.