dimanche 29 avril 2018

Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer

L'avis de Gaby

Ce livre s'adresse particulièrement aux personnes qui s'interrogent sur leur alimentation ou sur les convictions des végétariens. Partant de l'idée qu'il désirait être un bon père, l'auteur (américain) décide d'enquêter sur l'alimentation d'origine animale. Comme beaucoup d'humains, il a auparavant tenté à plusieurs reprises de devenir végétarien, ce qui renforce la proximité.

L'intérêt de l'ouvrage : la réflexion globale autour de l'alimentation d'origine animale. Il soulève la problématique de la tradition, de la culture du régime omnivore, mais aussi les attentes des consommateurs ( bas coût) et les contraintes sur les éleveurs, imposant un rendement toujours plus important et destructeur pour l'animal et l'être humain. Le sujet est large : des antibiotiques consommés par les animaux, de leur évolution forcée en créant des espèces incapables de procréer, de se mouvoir ou de supporter leur propre poids, de la pollution et des risques sanitaires, des conséquences sur l'équilibre psychologique humain (toujours plus de maltraitance animale et humaine dans les abattoirs). 

Pour asseoir son propos, il a rencontré des interlocuteurs variés du secteur, mais aussi des opposants (PETA), tout comme il a visité des exploitations industrielles et traditionnelles. L'auteur ne nous force pas la main, même s'il tente de nous convaincre. Cela change de certains militants qui cherchent à imposer ou culpabiliser sans dialoguer. Avec l'ouvrage, nous avons un nombre de clés important pour décider de notre implication. À noter que c'est une enquête exclusivement américaine. Ce serait intéressant de comparer avec les exploitations françaises. (On voit encore des vaches et des cochons dans nos campagnes) 

Ce que j'en retiens : l'envie de consommer en étant plus responsable, et la conviction que ce choix est un cheminement personnel. Je ne l'offrirai pas (vu la réaction de mon entourage quand on aborde le végétarisme, cela ne semble pas vraiment un cadeau populaire) mais le recommanderai sans hésiter à des personnes s'interrogeant sur leur consommation alimentaire.

408 pages / Février 2012

Il n’y a plus de fermiers, mais des managers, des usines d’élevage, d’abattage, de découpe et de conditionnement dont les responsables n’ont plus aucune notion de ce qu’est un animal. Ils n’ont qu’une pensée : comment gagner plus en dépensant moins, et s’ils pensent que des animaux malades leur feront gagner plus que des animaux sains, ils le font. S’ils pensent que cela revient moins cher d’élever des animaux hors nature, à l’intérieur, sans voir le jour, ils le font. S’ils pensent qu’on peut les nourrir avec autre chose que de l’herbe et du fourrage, ce que jamais un fermier n’aurait pu penser il y a cinquante ans, ils le font et les nourrissent de maïs ou de tourteaux de soja, ou même de résidus animaux, faisant d’espèces herbivores des carnivores malgré elles. Savez-vous qu’un poulet dans la nature vit dix ans et celui que vous mangez au McDonald’s, quarante-cinq jours ? S’il vivait plus longtemps, ses pattes se casseraient sous son poids.

Présentation de l'éditeur

Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons ? Convoquant souvenirs d'enfance et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer se lance dans une vaste enquête. Entre une expédition dans un abattoir et une recherche sur les dangers du lisier de porc, l’auteur explore tous les degrés de l'abomination contemporaine. Un livre choquant, drôle et inattendu qui a déjà suscité passions et polémiques.